Passage Lyonnais
Crêts du Pilat dans les contreforts du Massif central, au sud-est de Saint-Étienne.
Vue du Pilat.JPG : MmLyon derivative work : Barbe-sauvage, CC BY-SA 3.0 — Wikimedia Commons

Environnement

Une meute de loups confirmée dans le Pilat, le préfet du Rhône durcit les mesures

Quatre louveteaux filmés dans le Pilat confirment l'installation d'une meute : le préfet du Rhône autorise des tirs de défense sur troupeaux.

Par rédaction Passage Lyonnais2 min de lecture

Quatre louveteaux filmés par un piège photographique fin août : c'est la première preuve visuelle que le loup se reproduit désormais dans le massif du Pilat, entre Rhône et Loire. La découverte, confirmée par les services de l'État le 31 août, marque un tournant. Jusqu'ici, le Rhône n'avait connu que des passages isolés, le premier cliché remontant à avril 2021 à Chambost-Allières. Il s'agit désormais d'une meute installée.

Depuis le début de l'été, les attaques sur les troupeaux se sont multipliées, d'abord sur le massif du Pilat puis, plus récemment, sur l'ouest du département. Vendredi dernier, à Les Haies, à une vingtaine de kilomètres de Lyon, huit brebis ont été tuées lors d'une seule attaque, selon Luc Pierron, secrétaire général de la FDSEA du Rhône, qui évoque « une peur qui s'installe » chez les éleveurs. Le pastoralisme concerné représente environ 6 500 hectares répartis sur 39 communes et plus de 300 exploitations, selon les données citées par la presse locale.

Face à cette situation, le préfet du Rhône a organisé le 31 août une réunion d'information à Claveisolles, sur le même principe que celle tenue à Longes le 10 avril. Il a surtout décidé de mobiliser les lieutenants de louveterie pour mener des tirs de défense des troupeaux dans le Pilat et l'ouest rhodanien, en complément des autorisations déjà accordées à certains éleveurs. Une information systématique des maires et des exploitants sera désormais organisée dans un rayon de 15 kilomètres autour de chaque suspicion de prédation, en lien avec la chambre d'agriculture.

Le loup reste une espèce protégée : sa destruction intentionnelle est en principe interdite et peut constituer une infraction pénale. Les tirs de défense ne sont autorisés que dans un cadre réglementaire strict, en réponse à des attaques avérées sur troupeaux domestiques. La FDSEA réclame de son côté des procédures « simplifiées » pour que les éleveurs puissent réagir plus vite en cas de danger, et a organisé une réunion d'échange sur le sujet dans une ferme de Doizieux, dans la Loire voisine.

À l'échelle nationale, la population de loups est estimée à 1 082 individus pour l'hiver 2024-2025, en légère hausse par rapport aux 1 013 recensés l'année précédente, selon l'Office français de la biodiversité. Des dispositifs de protection subventionnés à 80% par l'État, chiens de protection, clôtures et gardiennage, sont déjà proposés aux exploitants du Pilat.

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