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Empty bicycle racks inside a train car.

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Vélos dans les TER : une pétition lyonnaise défie la SNCF et la Région Auvergne-Rhône-Alpes

Par rédaction Passage LyonnaisPhoto by Liz Morgan on Unsplash

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La gronde des cyclistes monte face à la politique ferroviaire

Depuis quelques semaines, une pétition lancée par des acteurs lyonnais du cyclotourisme secoue le débat sur la place du vélo dans les trains français. À l'origine du mouvement : Benoît Prigent, fondateur de Lokki, une entreprise française spécialisée dans la location de vélos à destination, et Emanuel Larsonneur, dirigeant de Vélo Vagabonds. Leur texte, mis en ligne sur la plateforme Velotaf Lyon, réclame des changements concrets à la SNCF, au Ministère des Transports et aux présidents de Région.

Le déclencheur est clair : depuis le 1ᵉʳ mai 2026, la réservation vélo est devenue obligatoire et payante — 1 € — sur toutes les lignes TER Auvergne-Rhône-Alpes, et ce jusqu'au 27 septembre 2026. La mesure, validée par le Conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes, s'applique à l'ensemble des voyageurs, à l'exception des abonnés sur leur trajet d'abonnement. La SNCF justifie cette décision par la nécessité d'une « gestion au mieux de l'accueil des vélos sur périodes de forte affluence », sans toutefois chiffrer le déficit de capacité.

Cette décision s'inscrit dans une tendance nationale. La réservation payante s'était d'abord imposée en Bretagne à partir de 2021, puis en Pays de la Loire dès 2023, et sur plusieurs lignes Centre-Val-de-Loire à l'été 2025 — toujours au tarif d'1 €. Auvergne-Rhône-Alpes est ainsi loin d'être un cas isolé, mais son poids est considérable : la région transporte 1 500 TER par jour, desservant jusqu'à 250 000 voyageurs quotidiens selon les chiffres d'avril 2026, contre 180 000 il y a une dizaine d'années.

La capacité d'accueil des vélos reste pourtant limitée : certaines rames, comme celles de la ViaRhôna, ne disposent que de 11 emplacements vélos. Sur les réseaux sociaux, des milliers de Français témoignent de refus d'embarquement malgré une réservation payée, ou de substitutions par des cars où les vélos sont interdits. Une photo de wagons autrichiens — spacieux, dédiés aux vélos, et gratuits — a cumulé 3 900 likes et 600 partages, cristallisant la frustration.

Benoît Prigent pointe une incohérence supplémentaire : sur SNCF Connect, l'application officielle de la compagnie, la rubrique « à destination » met en avant la location de voitures thermiques, et non le vélo ou la mobilité douce. « Depuis 2 ans, on frappe aux portes de la SNCF : des rendez-vous demandés, des propositions envoyées. Pas de réponse concluante », écrit-il.

Historiquement, c'est grâce à la pression des associations cyclistes dans les années 1990 et 2000 que des emplacements vélos ont commencé à être aménagés dans les matériels commandés par les régions. Un acquis que la pétition entend défendre et amplifier, en demandant notamment des wagons dédiés sur toutes les lignes intercités et TGV, ainsi qu'un « plan chiffré et daté ».

Au 23 mai 2026, la pétition approchait les 50 signatures, un démarrage modeste mais que ses initiateurs espèrent transformer en rapport de force avec l'institution ferroviaire.

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