Vida et Nelly, deux générations sous le même toit à Saint-Genis-Laval
Nelly Bar a 90 ans et vit seule dans sa maison de Saint-Genis-Laval depuis 27 ans. Vida Bahrami en a 25 et étudie les lettres à l'Université Lyon 3 depuis son arrivée d'Iran il y a deux ans. Depuis l'automne 2025, elles partagent le même toit, grâce au dispositif de cohabitation solidaire soutenu par la Métropole de Lyon. Un portrait publié le 2 juin 2026 par le Grand Lyon, signé Amandine Le Blanc, met en lumière cette expérience de vie commune qui illustre à la fois une réponse à la crise du logement étudiant et une solidarité intergénérationnelle concrète.
Pour Vida Bahrami, après une première année en colocation, le changement était une nécessité autant pratique qu'humaine. « Je ne voyais pas beaucoup mes colocataires, j'avais envie d'être davantage dans un environnement familial, pour m'intégrer et aussi améliorer ma langue », explique-t-elle. De son côté, Nelly Bar, mère de trois filles, grand-mère de sept petits-enfants et arrière-grand-mère de cinq arrière-petits-enfants, loue une chambre de sa grande maison par « esprit de civisme ». « Je sais que les étudiants ont tellement de mal à trouver un logement », dit-elle. Elle s'est lancée dans la cohabitation solidaire il y a deux ans déjà : l'année précédente, elle hébergeait une étudiante ivoirienne. La présence de Vida lui apporte aussi une compagnie quotidienne bienvenue. « Ça m'oblige à m'habiller un peu mieux, peut-être que je me laisserai un peu plus aller sans ça », confie-t-elle avec humour. Les deux femmes ont même découvert des passions communes, notamment pour la littérature : « Quand je regarde La Grande Librairie, Vida me rejoint parfois », sourit Nelly Bar.
Le dispositif de cohabitation solidaire, porté par la Métropole de Lyon en partenariat avec trois associations — Le Pari Solidaire Lyon, Tim & Colette et Ensemble2générations —, propose deux formules encadrées : une formule conviviale (chambre louée jusqu'à 350 €/mois charges comprises, pour une durée allant jusqu'à 12 mois renouvelables) et une formule solidaire (100 €/mois avec présence ponctuelle requise). Plus d'infos sur le dispositif
Ces initiatives répondent à une pression structurelle bien documentée. En 2022, selon les données de la Métropole de Lyon, 1 000 demandes de cohabitation ont été déposées auprès des associations partenaires, mais seules 180 jeunes ont pu être hébergés — soit environ une place pour 5,5 demandeurs. La Métropole estime par ailleurs à 11,5 % la part de sous-peuplement de son parc de logements, un réservoir potentiel encore largement inexploité.
Cette cohabitation intergénérationnelle n'est pas nouvelle sur l'agglomération : l'association Tim & Colette œuvre en ce sens depuis 2004 à Lyon, et Le Pari Solidaire Lyon a été créée en 2005. Mais face à une population étudiante qui pourrait atteindre 195 000 personnes en 2030 selon les projections de la Métropole de Lyon et de l'Université de Lyon — contre 160 000 en 2019 —, la cohabitation solidaire demeure une réponse complémentaire, précieuse mais insuffisante à elle seule pour résorber la crise du logement étudiant lyonnais.
Sources
Métropole de Lyon
Vida et Nelly, la cohabitation heureuse
