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Société

ZTL en Presqu'île : des habitants mobilisés pour éviter le retour en arrière

Par rédaction Passage LyonnaisPhoto by Linh Bo on Pexels

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Près d'un an après son entrée en vigueur le 21 juin 2025, la zone à trafic limité (ZTL) de la Presqu'île de Lyon n'a pas fini de diviser. Alors que la nouvelle majorité métropolitaine Grand Cœur Lyonnais, emmenée par Véronique Sarselli, pourrait en remettre en cause les fondements, un collectif citoyen baptisé "ZTL pour tous" s'est constitué pour en défendre le bilan et exiger son maintien.

"Une nouvelle façon de découvrir la ville"

Philippe Dorier, commerçant dans le secteur du loisir et habitant du 2e arrondissement, est l'un des visages de ce collectif. Il dresse un bilan résolument positif : "La Presqu'île est beaucoup plus agréable à vivre. On peut s'y promener beaucoup plus tranquillement. C'est vraiment une nouvelle façon de découvrir la ville", explique-t-il. Il cite en particulier la place des Jacobins et la rue de l'Ancienne-Préfecture, transformées selon lui en "secteurs très agréables", quand elles n'étaient auparavant que des axes de transit.

Dorier reconnaît que le mode de consommation a évolué : "Les gens se promènent, prennent un verre, mangent une glace, achètent de petits produits. Ils ne repartent pas forcément avec une télévision grand écran." Un profil de chaland qui colle mieux à son activité qu'à celle de certains confrères, dont les enseignes à fort panier moyen ont davantage souffert.

Des chiffres contrastés

La réalité statistique est plus nuancée. Selon des données avancées par la Métropole de Lyon, la fréquentation de la Presqu'île aurait reculé de 20 % depuis la mise en place de la ZTL, combinée à la hausse des tarifs de stationnement. En face, les trois principales stations TCL du secteur -- Bellecour, Cordeliers et Hôtel de Ville -- enregistrent une hausse de 30 % de leur fréquentation entre 2019 et 2024. Signe d'un report modal réel. Par ailleurs, 275 nouvelles implantations commerciales ont été recensées en Presqu'île en 2025, dont près de la moitié dans la restauration.

Un audit métropolitain en cours, une concertation déjà rendue

La Métropole de Lyon a lancé le 10 juin un grand audit sur les mobilités, préalable à toute décision sur la ZTL. Véronique Sarselli a indiqué vouloir "observer les effets des règles actuelles pendant encore six mois" avant d'envisager des ajustements. Une association, restée minoritaire dans le débat public, réclame quant à elle une réouverture partielle de la Presqu'île aux voitures et aux bus.

Du côté de la Ville de Lyon, Grégory Doucet entend maintenir le dispositif et s'appuie sur les résultats de la concertation sur la rue Grenette, close le 31 mai : les participants y ont majoritairement plébiscité la situation actuelle. Philippe Dorier, qui a participé à cette consultation, y voit une légitimité populaire que la Métropole ne devrait pas ignorer. "J'ai regardé mes intérêts et ceux de mon cadre de vie", dit-il. Un double registre -- économique et résidentiel -- qui résume à lui seul la complexité du dossier.

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