
Manifestation du 5 novembre à Lyon, 30 500 participants et 40 blessés selon la préfecture
La préfecture a compté 30 500 personnes au plus fort du cortège intersyndical, 40 blessés dont 34 membres des forces de l'ordre, et 24 interpellations.
Quand la tête du cortège a atteint la place Jean Macé, vers 14 h, la queue venait à peine de passer l'avenue Félix-Faure, rapporte Rue89Lyon. La manifestation intersyndicale du jeudi 5 novembre à Lyon a donc été longue, mais elle a été comptée de deux façons très différentes : 30 500 participants « au plus fort de la mobilisation » selon la préfecture du Rhône, plus de 55 000 selon les syndicats, d'après Rue89Lyon.
Pourquoi deux chiffres, et que mesurent-ils ?
L'écart est considérable : le chiffre syndical représente 1,8 fois celui de la préfecture, soit 24 500 personnes de plus. Les pages consultées n'expliquent pas comment les organisateurs ont compté.
Le communiqué de la préfecture, lui, précise ce que son chiffre représente : un pic. « Au plus fort de la mobilisation » désigne un instant, pas le nombre total de personnes passées dans la journée.
Pour situer l'ordre de grandeur, le compte préfectoral du 5 novembre représente près de trois fois les 11 000 manifestants que la préfecture avait comptés le 13 octobre lors de la mobilisation lycéenne, et un peu plus d'une fois et demie les 20 000 qu'elle avait recensés le 6 octobre. Rue89Lyon juge le chiffre syndical le plus élevé depuis les grands défilés contre la réforme des retraites de 2023. Un représentant de la CGT a qualifié la journée d'« historique », selon le même média.
Ce jeudi-là, la grève des TCL avait mis à l'arrêt toutes les lignes de métro, rapporte France 3 Auvergne-Rhône-Alpes, et la gare Jean Macé est restée fermée jusqu'à 17 h.
Un parcours négocié, un périmètre interdit
Le tracé avait été fixé la veille. Par un arrêté du 3 novembre, le préfet Étienne Guyot avait interdit toute manifestation revendicative dans une partie du centre-ville, de 9 h à 20 h le 5 novembre, périmètre incluant la place Bellecour. Le tribunal administratif a validé cette interdiction, selon la préfecture, qui indique qu'un dialogue avait été entretenu avec les syndicats depuis une première rencontre le lundi soir précédent. Le cortège devait donc partir de la Manufacture des tabacs et suivre le cours Gambetta, le quai Claude Bernard et l'avenue Berthelot jusqu'à la place Jean Macé.
Le même schéma avait déjà été employé le samedi 31 octobre : arrêté d'interdiction du 29 octobre, de 10 h à 23 h, et marche autorisée vers Jean Macé, comme l'indique la Ville de Lyon. La Métropole avait alors fermé préventivement Lugdunum toute la journée et le musée des Confluences à partir de 14 h, comme nous l'écrivions le 31 octobre. Une première interdiction générale avait visé le samedi 24 octobre, date à laquelle la CGT visait déjà le 5 novembre.
Pour le 5 novembre, l'arrêté prévoyait aussi, dans tout le département, l'interdiction des artifices, du transport de carburant en jerrican et du port d'équipements de protection contre les forces de l'ordre. Les commerçants avaient été invités à baisser leur rideau, rentrer leurs terrasses et garder peu d'argent en caisse. Les collectivités devaient retirer de la voie publique ce qui pouvait servir de projectile.
Quarante blessés, et ce que le bilan ne détaille pas
Le bilan de la préfecture, arrêté « à cette heure », compte 40 blessés, dont 34 membres des forces de l'ordre (85 %) et six manifestants (15 %), 24 interpellations et cinq commerces dégradés, notamment le long du cours Gambetta et place Jean Macé. Les interpellations concernent des tirs de mortiers, des jets de projectiles et des outrages.
La préfecture affirme que « plusieurs centaines d'individus regroupés en black bloc » se sont agrégés à la tête du cortège dès les premières minutes, avec des tirs de mortiers, des jets de projectiles, des barricades de mobilier urbain, des poubelles et le véhicule d'un particulier incendiés. Selon elle, ces groupes ont empêché à plusieurs reprises la tête syndicale de progresser, et les forces de l'ordre ont fait usage de moyens de force « dans le cadre de la légitime défense ». Le préfet condamne les violences et salue le professionnalisme des forces de sécurité et de secours.
Le communiqué ne détaille pas la nature des blessures, ni la répartition des six manifestants blessés entre les différents lieux d'affrontement. Il ne donne pas non plus la part des interpellés parmi les groupes décrits comme hostiles. Dans les sources consultées, aucun responsable syndical n'est cité sur les violences. Les Écologistes Auvergne-Rhône-Alpes ont publié sur Bluesky qu'ils étaient « dans les rues » pour la hausse des salaires et des pensions, le pouvoir d'achat et les services publics.
Sources
Préfecture du Rhône
Bilan de la manifestation intersyndicale du 5 novembre 2026Préfecture du Rhône
Manifestation de l'intersyndicale à Lyon du 5 novembre 2026Communiqués de presse (email)
Communiqué - 31 octobre : fermeture préventive du musée des Confluences et de Lugdunum
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