Passage Lyonnais
Façade en verre et métal du musée des Confluences, vue depuis la berge de la Saône, sous un ciel d'automne.
Fred Romero from Paris, France, CC BY 2.0 · Wikimedia Commons

Société

À Lyon, le musée des Confluences ferme à 14 h et Lugdunum toute la journée avant la manifestation du 31 octobre

Deux musées métropolitains ferment, un large périmètre est interdit aux cortèges et les mineurs ont un couvre-feu : Lyon se prépare à la nuit d'Halloween.

Par Rédaction Passage Lyonnais4 min de lectureLyon

Dernière entrée possible au musée des Confluences : 13 h 15. Quarante-cinq minutes plus tard, à 14 h, la manifestation déclarée par Solidaires, la CNT et l'Unef doit quitter la Manufacture des Tabacs, et le musée aura fermé ses portes. Lugdunum – musée et théâtres romains ne rouvrira pas du tout ce samedi 31 octobre. La Métropole de Lyon a décidé ces fermetures « préventives », en coordination avec la Préfecture, « afin de protéger les personnes comme le patrimoine culturel », selon son communiqué du 30 octobre. Elles sont limitées à cette seule journée.

La Métropole ne dit pas d'incident précis. Elle invoque la sécurité des visiteurs, des agents et des œuvres. L'information sera affichée sur place et relayée sur les sites et réseaux sociaux des deux musées.

Les deux établissements s'ajoutent à une liste de fermetures plus large, dressée par la Ville de Lyon. Les bibliothèques Jean-Macé et Guillotière (7e), situées dans le périmètre de la manifestation autorisée, ferment à 13 h. Le Centre d'histoire de la Résistance et de la Déportation ferme à 16 h. Les mairies d'arrondissement ouvrent à leurs horaires habituels. Les cimetières restent ouverts, avec une fermeture anticipée possible, à la veille de la Toussaint.

Que change l'arrêté du préfet pour la journée de samedi ?

La manifestation autorisée suit un parcours court : Manufacture des Tabacs, cours Gambetta, rue Garibaldi, avenue Berthelot, place Jean-Macé. La Préfecture indique que les représentants syndicaux, reçus la veille, « se sont engagés à augmenter leur service d'ordre » pour garder la maîtrise du cortège.

Tout le reste est cadré par plusieurs arrêtés du préfet du Rhône, Étienne Guyot :

  • toute manifestation, cortège ou rassemblement revendicatif est interdit de 10 h à 23 h dans un large périmètre du centre-ville, qui inclut la place des Terreaux et les rues du Vieux Lyon (arrêté du 29 octobre) ;
  • le port d'armes par destination et d'équipements de protection contre les forces de l'ordre est interdit dans la ville de Lyon de 10 h à 23 h ;
  • les attroupements sont interdits sur la presqu'île de 23 h à 6 h, et les mineurs non accompagnés ne peuvent pas s'y trouver sur la voie publique sur la même plage horaire, dans un périmètre restreint ;
  • dans tout le département, les artifices et les carburants en jerrican sont interdits du 31 octobre à 0 h au 2 novembre à 6 h ;
  • la vente d'alcool à emporter et sa consommation en réunion sur la voie publique sont interdites le samedi 31 octobre de 20 h à 6 h, puis le dimanche 1er novembre sur la même plage.

La Préfecture justifie ce dispositif par des appels à des rassemblements « sous prétexte de la fête d'Halloween », repérés sur les réseaux sociaux, qui font craindre des violences dès le début de la soirée et une grande partie de la nuit. Elle annonce des policiers et gendarmes, des unités mobiles, des réservistes, des hélicoptères, des drones et les unités Sentinelle. Des contrôles d'identité et des inspections de sacs et de coffres sont possibles sur réquisition du procureur. « Aucun débordement ne sera toléré », affirme le préfet.

Côté Ville, la police municipale a doublé ses effectifs la nuit depuis le 19 octobre, et tout ce qui pourrait servir de projectile a été retiré des abords des bâtiments. Une centaine d'entreprises de chantier ont reçu des consignes. Les riverains et commerçants des deux périmètres sont invités à rentrer poubelles, vélos, terrasses et mobilier dès le matin.

Ce qui s'est passé les 17 et 24 octobre, et ce que cela a coûté

Ces précautions répondent à deux samedis. Le 17 octobre, plus de 20 000 personnes ont défilé dans le centre, selon la préfecture citée par Lyon Mag. Le préfet a parlé d'un « niveau de violence inédit ». Le pavillon de la place Bellecour, qui abrite l'office de tourisme, a été incendié et détruit, selon la Ville. Entre 150 et 200 commerces de la Presqu'île ont été attaqués ou pillés selon la CCI, la Chambre des métiers et la Métropole. La Ville en compte « plus de 200 » touchés, dont 157 dans la Presqu'île : les deux comptages ne se recoupent pas exactement.

La Préfecture décrit le 17 comme une journée de groupes « très mobiles » qui s'en sont pris à des bâtiments institutionnels et aux forces de l'ordre, rejoints par des « individus opportunistes » pour piller. Un couvre-feu de 21 h à 6 h a suivi sur la Presqu'île, que nous racontions le 21 octobre, avec le détail des aides de l'État aux commerçants.

Le 24 octobre, le préfet avait interdit « l'ensemble des manifestations » dans Lyon, comme nous l'écrivions le 22 octobre. Des cortèges ont tout de même défilé. Le bilan provisoire de la Préfecture, cité par Lyon Capitale, faisait état de 22 blessés dont 18 policiers ou gendarmes, 36 interpellations, cinq commerces pillés. La Préfecture juge les dégâts moindres que le 17 et salue la contention des cortèges sur la rive gauche du Rhône.

Sur le plan financier, la Métropole de Lyon a annoncé le 19 octobre une enveloppe de 10 millions d'euros pour les commerçants : aide d'urgence jusqu'à 3 000 euros pour la sécurisation et l'investissement, avances de trésorerie remboursables, fonds de la Chambre des métiers de 1 500 euros pour l'artisanat, d'après Lyon Mag. La Ville a prolongé les terrasses jusqu'au 30 novembre et pris en charge les illuminations de Noël, estimées à 100 000 euros. Une cellule de crise réunissant la CCI et la Chambre des métiers diffuse en temps réel les consignes aux commerçants. La CCI tient un guichet unique au 04 72 40 59 59.

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