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À Villeurbanne, un village d'artisans s'installe pour trois ans dans une friche du centre-ville

Par rédaction Passage Lyonnais2 min de lectureVilleurbannePhoto by Devin Berko on Unsplash

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Au 4, rue Baudelaire, la poussière et le bruit ont retrouvé droit de cité. Dans ces ateliers laissés en friche depuis plusieurs années, à deux pas des Gratte-Ciel, une quinzaine d'artisans se sont installés depuis quelques mois : bijoutier, tapissier, vitrailliste, réparateur de bornes d'arcade, ou encore Fissa, un service de livraison à vélo. « Les lieux sont modulables, on peut faire du bruit, de la poussière. C'est facile d'accès en voiture. Tout est vraiment pratique et le prix abordable », résume Mélanie Faucher, qui y tient son atelier de vitrail.

Ce petit village artisanal, baptisé Atelier Baudelaire, doit durer trois ans, le temps qu'un projet immobilier se concrétise sur le site. Le montage associe le propriétaire, un promoteur et Lieux Solides, structure spécialisée dans ce type d'occupation de courte durée, qui a financé les travaux de rénovation avant de commercialiser les locaux. Résultat : en quelques semaines, tous les espaces, de 20 à 80 m², ont trouvé preneur.

Ce succès n'a rien d'isolé. Selon l'atlas de la Métropole de Lyon consacré à l'urbanisme transitoire, 53 sites ont accueilli ce type de projets depuis 2016 dans l'agglomération, dont 31 encore actifs à l'été 2025, pour une enveloppe de 10 millions d'euros programmée sur 2021-2026. La collectivité recense 344 emplois créés dans 40 lieux transitoires par des structures qui, faute de loyers accessibles, n'auraient pas pu s'installer ailleurs. À Villeurbanne même, le site de l'Étape 22D, cinq hectares repris à d'anciennes friches industrielles Bobst et Thyssen dans le quartier du Carré de Soie, illustre l'ampleur prise par ce type d'aménagement provisoire.

À Baudelaire, la formule séduit par son prix, environ 30 % moins cher que le marché classique selon Maxime Cadel, président de Lieux Solides, mais aussi par la vie collective qu'elle génère. « On sent qu'il y a un vrai engouement des artisans pour occuper des espaces en plein centre-ville », observe-t-il. Florian, bijoutier chez Stud Workshop, confirme : « Pour nous, il y a tout et en plus pas trop cher ! »

La suite est déjà prête. Un second site contigu, Marjolaine, plus vaste, doit accueillir prochainement un menuisier, deux couteliers, un sellier et un créateur de scénographie, ainsi qu'un bar associatif à thème jeux vidéo, le Memory Club, attendu à l'automne. Reste que ce modèle a une échéance intégrée : dans trois ans, quand le projet immobilier prendra forme, ces artisans devront de nouveau trouver un toit.

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