
Après le 17 octobre, 10 millions d'euros pour les commerces pillés de la Presqu'île
10 millions d'euros de la Métropole, 3 000 € de la CCI par commerce : les aides aux sinistrés du 17 octobre, modalités encore à préciser.
Le pavillon de l'Office de tourisme, place Bellecour, a été pris pour cible en début d'après-midi le samedi 17 octobre, selon la Ville de Lyon. Le bâtiment municipal a été incendié volontairement. Dès la fin de matinée, des casseurs s'en étaient pris à des vitrines, au mobilier urbain et à l'espace public du centre-ville. Les pillages ont ensuite duré toute la soirée. Lundi 19 octobre, la Métropole de Lyon a réuni à l'Hôtel de Métropole l'État, la Région, les chambres consulaires et les organisations patronales. Elle y a annoncé une enveloppe de 10 millions d'euros pour les professionnels sinistrés.
Vu sur les réseaux
Brûler une mairie, c'est attaquer la République. Ignorer la vie chère, c'est l'affaiblir. Hier soir, en dix minutes, le Président a condamné les casseurs, et il a eu raison. Mais à ceux qui n'arrivent plus à boucler le mois, il n'a offert qu'une réunion. La moitié de la répons
Avis aux lyonnais-es, je crois que le gouvernement a peur 😬 #couvrefeu
Combien de commerces, au juste ?
Les deux collectivités ne donnent pas le même chiffre. La Ville de Lyon parle de « plus de 200 commerces » touchés, dont 157 sur la Presqu'île. La Métropole, elle, estime qu'entre 150 et 200 commerces du territoire ont été touchés par les saccages et pillages. Aucune des deux ne détaille la méthode de décompte, et le périmètre n'est pas forcément le même : le communiqué de la Métropole évoque Lyon « et plusieurs secteurs de l'agglomération ».
L'ordre de grandeur n'en reste pas moins clair. Rapportés à 150 ou 200 commerces, les 10 millions d'euros représentent mécaniquement entre 50 000 et 67 000 euros par établissement. Mais ce calcul n'est qu'un repère : l'enveloppe ne sera pas répartie à parts égales. Elle doit aussi financer la sécurisation des locaux et le remplacement des équipements détruits.
Que contient vraiment l'enveloppe de 10 millions ?
Pour l'instant, une liste de priorités plus qu'un barème. Le communiqué de la Métropole cite trois usages : les aides d'urgence, la sécurisation des commerces endommagés et l'accompagnement des entreprises dont le matériel a été détruit ou dégradé. Les « modalités opérationnelles » seront précisées « dans les meilleurs délais », écrit-il. Dans sa déclaration, la présidente Véronique Sarselli ajoute des avances de trésorerie. Elle pose aussi une condition : la Métropole accompagnera les commerçants qui veulent sécuriser leur local « dans les rues qui auront été équipées de caméras de vidéosurveillance ».
D'autres aides, déjà chiffrées, s'y ajoutent selon la Métropole, qui les dit cumulables :
- la CCI Lyon Métropole Saint-Étienne Roanne annonce 3 000 euros de fonds d'urgence pour chaque commerçant touché ;
- la Chambre de métiers et de l'artisanat propose 1 500 euros aux artisans, sous conditions d'éligibilité ;
- l'Urssaf Rhône-Alpes annonce une aide pouvant atteindre 2 000 euros, sur demande argumentée, avec un délai de traitement de deux à trois semaines au maximum ;
- l'Urssaf et la Direction régionale des finances publiques ouvrent des délais de paiement et des aménagements d'échéances.
La porte d'entrée est un guichet unique piloté par la CCI (04 72 40 59 59, solidarite@lyon-metropole.cci.fr). Une permanence de dépôt de plainte, en présence des forces de sécurité, se tient mercredi 21 octobre à la CCI. Le dispositif d'écoute psychologique associe Antilope, Second Souffle, 60 000 Rebonds et Apesa 69. Les Entrepreneurs Rhône (ex-CPME), présents à la réunion, ont réactivé leur cellule Refuge PME. Ils ont demandé, selon leur compte rendu, une protection renforcée et une meilleure information des commerçants.
Qui paie, et qui attend encore ?
La Ville de Lyon a publié le même jour son propre train de mesures, qui s'additionne à celui de la Métropole sans le recouper :
- doublement des effectifs de police municipale dans les rues commerçantes ;
- agents municipaux mis à disposition du guichet unique, et facilités sur les autorisations d'urbanisme ;
- 100 000 euros pour les illuminations de Noël, estimés par la Ville ;
- report de la hausse des tarifs d'occupation de l'espace public, dont les terrasses ;
- possibilité d'ouvrir jusqu'à 12 dimanches en 2027, plafond annuel autorisé, qui sera proposée au conseil municipal de décembre ;
- vente à emporter facilitée pour les restaurateurs pendant la Fête des Lumières, dans les rues où les conditions le permettent.
La Ville a réclamé en outre un fonds de solidarité nationale, qu'elle portera lors d'un rendez-vous avec le Premier ministre. Le maire Grégory Doucet, avec ses homologues de Paris, Emmanuel Grégoire, et de Marseille, Benoît Payan, a demandé à être reçu en début de semaine. Les trois maires exigent aussi « un diagnostic précis et transparent » de « l'enchaînement des événements ». La Ville a par ailleurs demandé au préfet de recevoir les associations de commerçants pour leur expliquer le déroulement de la journée.
La Région Auvergne-Rhône-Alpes est pour l'instant la grande absente des chiffres. Le communiqué de la Métropole indique qu'elle « poursuit ses travaux sur une éventuelle réponse à l'échelle régionale ». La Ville de Lyon l'appelle à « se mobiliser à son tour ». L'articulation avec les assurances et les avances de trésorerie font encore l'objet d'échanges entre partenaires.
Les deux collectivités revendiquent chacune la paternité de l'annonce. La Ville se félicite de la décision de la Métropole et dit répondre à la demande formulée « dès samedi » par le maire de Lyon. La Métropole, elle, présente la réunion comme lancée « à l'initiative » de sa présidente.
Le calendrier des fêtes pèse sur tout le dossier. La Ville veut que les commerçants puissent réaliser leurs travaux et rouvrir avant la Fête des Lumières. Comme nous l'écrivions le 10 octobre, les animations de fin d'année des commerçants étaient déjà programmées de novembre à décembre. Le recours à des restaurateurs ambulants pendant la Fête des Lumières avait déjà suscité des tensions avec les restaurateurs installés, comme nous le rapportions en août.
Dans les communes de l'agglomération, plusieurs mairies, dont Saint-Priest, Décines-Charpieu, Vernaison, Albigny-sur-Saône et Collonges-au-Mont-d'Or, ont organisé lundi des rassemblements. Elles répondaient à l'appel de l'Association des maires de France, qui condamne les incendies de mairies et de bâtiments publics ainsi que les pillages.
Le pavillon de la place Bellecour, lui, n'a pas de calendrier de réparation. La Ville et la Métropole cherchent un lieu pour rouvrir rapidement l'Office de tourisme. Éric Lambert, adjoint au maire en charge du Commerce, doit se rendre mercredi auprès de ses équipes. Deux agents de la police municipale ont été légèrement blessés lors de la journée du 17 octobre.
Sources
Mairie de Lyon
La Ville réaffirme son soutien aux commerçants lyonnaisMairie de Lyon
Violences du 17 octobre : la Ville de Lyon mobiliséeMétropole de Lyon
La Métropole de Lyon mobilise dix millions d'euros pour les commercesMétropole de Lyon (espace presse)
10 millions d'euros mobilisés par la Métropole de Lyon et une réponse collective d'urgence pour soutenir les professionnels sinistrésCPME du Rhône
Violences à Lyon : notre mobilisation et les mesures d’urgence pour les entreprisesCMA Lyon Rhône
Catastrophes naturelles : les bons réflexes pour protéger votre entrepriseVille de Saint-Priest
Rassemblement républicainVille de Décines-Charpieu
Rassemblement en solidaritéVille de Vernaison
[RASSEMBLEMENT CITOYEN] Ensemble, solidaires face aux violencesVille d’Albigny-sur-Saône
Rassemblement ce jourVille de Collonges-au-Mont-d'Or
Rassemblement républicain devant la mairie à 18 h
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