Deux tonnes de cuivre et 200 ampoules : le grand lustre des Célestins redescend sur terre
Chaque année, avant la reprise de la saison, un rituel discret se joue au-dessus des fauteuils de velours de la Grande salle du Théâtre des Célestins. Le lustre monumental qui domine la salle, deux tonnes de cuivre et 200 ampoules, est descendu du plafond pour son nettoyage annuel. L'opération, documentée en images par la Ville de Lyon (photographies de Muriel Chaulet, Archives de Lyon) et en vidéo par le théâtre, offre un aperçu rare des coulisses d'un bâtiment que le public ne connaît qu'éclairé, rideau levé.
Ce lustre appartient à un édifice à l'histoire mouvementée. L'actuel Théâtre des Célestins n'est pas le premier sur ce site : un incendie a détruit la salle précédente le 1er avril 1871. Reconstruit sur les plans de l'architecte lyonnais Gaspard André, le nouveau théâtre ouvre le 1er août 1877, avant qu'un second incendie ne le ravage dans la nuit du 25 au 26 mai 1880. André le rebâtit à l'identique, sans toucher au décor sinon l'ajout de cinq statues en façade, dont celles de la Tragédie et de la Comédie. Le théâtre rouvre le 18 octobre 1881, dans une configuration proche de celle que connaissent aujourd'hui les spectateurs.
C'est ce décor hérité du XIXe siècle, classé et entretenu avec soin par la Ville de Lyon, propriétaire des lieux, que ce nettoyage vient préserver. La manœuvre mobilise un système mécanique qui abaisse la structure jusqu'au niveau des sièges, le temps de dépoussiérer chaque pampille de cuivre et de vérifier l'état des ampoules avant la remontée.
L'entretien intervient alors que la Grande salle s'apprête à retrouver son public : comme nous l'écrivions le 26 juin, la saison 2026/2027 des Célestins annonce cinquante spectacles, dont quatre créations mondiales et onze productions internationales. Avant les trois coups de la rentrée, c'est donc sous un lustre fraîchement lustré que les premiers spectateurs reprendront place.
Sources
Théâtre des Célestins
L’envers du décor – nettoyage du lustre