Les Célestins dévoilent une saison 26/27 entre jubilation, indocilité et vertiges du futur
Cinquante spectacles, quatre créations mondiales, onze productions internationales : le Théâtre des Célestins a levé le voile sur sa saison 2026/2027, une programmation foisonnante qui entend conjuguer engagement politique et plaisir du plateau, sans jamais sacrifier l'un à l'autre.
Un archipel de thématiques pour saisir l'époque
La direction artistique des Célestins a structuré cette nouvelle saison en grandes familles de sens. Il y a d'abord les « drôles et inattendus » : des nains de jardin animés, un repas qui vire au drame, une nuit polaire dévastatrice ou des SMS amoureux lus à voix haute — autant de prétextes scéniques pour rire du monde avant d'en décrypter les failles. À côté, les « pas si classiques » revisitent le patrimoine littéraire et dramatique à l'aune de l'humour noir, du féminisme et du cabaret queer.
La saison propose également un volet « vertiges du futur » particulièrement ambitieux, avec des récits d'anticipation dans des mondes fracturés et une « science politique-fiction » projetant le public jusqu'en 2077. Parmi les temps forts annoncés : L'Angelo del Focolare, dernière production de la metteuse en scène sicilienne Emma Dante, attendue en octobre ; et Pétrole, adaptation par Sylvain Creuzevault du roman inachevé de Pier Paolo Pasolini, prévue fin novembre.
Région et monde à parts égales
Sur les 50 spectacles de la saison, 25 se joueront en grande salle et 18 dans la Célestine, la salle en sous-sol. Onze compagnies sont originaires d'Auvergne-Rhône-Alpes, ce qui traduit un ancrage régional affirmé, tandis que les 11 productions internationales — dont la chorégraphe argentine Marina Otero et la dramaturge belge Anne-Cécile Vandalem avec La Fête et Ayoub — garantissent une ouverture sur les scènes européennes et mondiales.
Les familles ne sont pas oubliées : une sélection « à voir en famille à partir de 8 ans » mêle dessins animés prenant vie, danseurs de Kinshasa et plateaux en feu, tandis que les spectacles musicaux traversent la saison comme un fil rouge, portant « les voix qu'on n'entend pas ».
Un théâtre de service public sous pression
Cette annonce intervient dans un contexte tendu pour le spectacle vivant. En France, les dotations aux théâtres publics font l'objet de débats récurrents lors des arbitrages budgétaires, et plusieurs grandes maisons ont dû réduire leur nombre de productions ces dernières saisons. À Lyon, les Célestins — établissement municipal subventionné par la Ville — affichent une programmation qui ne se contracte pas : 50 spectacles, contre une tendance nationale à la rationalisation. La question du financement public de la culture reste donc un enjeu de fond, même si aucune coupe n'a été annoncée pour l'instant côté municipal.
Les abonnements et la billetterie pour la saison 2026/2027 sont d'ores et déjà accessibles sur le site du théâtre.
Sources
Théâtre des Célestins
Drôles et inattendusThéâtre des Célestins
(Pas si) classiquesThéâtre des Célestins
Vertiges du futurThéâtre des Célestins
À voir en familleThéâtre des Célestins
Spectacles musicauxThéâtre des Célestins
Enquêtes personnellesThéâtre des Célestins
Société et actualité