
Face à Fenerbahçe, l'OL joue à Istanbul son retour en Ligue des champions et 23 millions d'euros
Ce mardi soir, le chaudron du Şükrü Saracoğlu, 47 430 places réputées pour leur intensité, doit se remplir pour un barrage aller que l'Olympique Lyonnais attend depuis six ans : un retour possible dans la compétition qu'il a quittée après sa demi-finale perdue contre le Bayern Munich, à huis clos, en 2020. Coup d'envoi à 21 heures locales, 20 heures à Lyon, pour un match que Paulo Fonseca résume sans détour : "Avoir la possibilité de jouer la Ligue des champions, c'est historique."
Pour en arriver là, l'OL a dû effacer une défaite. Battus 2-1 en République tchèque début août, les Lyonnais ont renversé le Sparta Prague 3-0 devant plus de 55 000 spectateurs, comme nous l'écrivions le 13 août. Fenerbahçe, de son côté, n'a pas tremblé face à l'Autrichien Sturm Graz. Le club stambouliote s'est renforcé cet été de recrues d'envergure, dont l'attaquant belge Romelu Lukaku et l'ailier anglais Mason Greenwood, et affiche une préparation solide.
Ce qu'une soirée à Istanbul peut changer pour les comptes du club
Derrière l'enjeu sportif, la question financière pèse plus lourd que jamais. Selon le dernier rapport de la Direction nationale du contrôle de gestion (DNCG), l'OL a enregistré 208,5 millions d'euros de pertes nettes sur l'exercice 2024-2025, contre 25,7 millions un an plus tôt, soit un déficit multiplié par huit en une saison, et qui représente à lui seul 44 % du trou financier cumulé de la Ligue 1. Le club reste sous la surveillance de l'UEFA jusqu'en 2028, après avoir déjà réglé une amende de 12 millions d'euros pour non-respect du fair-play financier.
Dans ce contexte, l'écart entre qualification et élimination se compte en dizaines de millions. Une qualification pour la phase de ligue de la Ligue des champions rapporterait à l'OL 27,29 millions d'euros avant même d'avoir disputé un match de la phase de groupes élargie, contre 4,31 millions seulement en cas de repli vers la Ligue Europa, soit un manque à gagner direct de 23 millions d'euros. Une somme qui pourrait permettre au club de conserver certains de ses éléments les plus courtisés au mercato plutôt que de les vendre pour boucler ses comptes, un scénario qu'avait déjà évoqué notre article du 23 juillet sur la contrainte financière pesant sur ce parcours européen.
Un vestiaire qui refuse de s'enflammer avant l'épreuve
Côté effectif, Fonseca devra composer sans Nicolas Tagliafico, pas encore physiquement prêt. Le club a bien enregistré cet été le prêt du défenseur suisse Zachary Athekame, arrivé de l'AC Milan jusqu'en juin 2027, mais le joueur n'était pas qualifiable pour ce tour de barrages. Sur le plan collectif, l'entraîneur portugais dit avoir vu son équipe progresser durant la préparation et promet, à la veille du déplacement, "un OL plus fort, plus courageux, plus concentré", tout en reconnaissant que Fenerbahçe aligne "une équipe vraiment forte avec beaucoup d'individualités", "offensivement très dangereuse".
Cette prudence est partagée dans le vestiaire. Le défenseur central Moussa Niakhaté qualifie Fenerbahçe d'"équipe monstrueuse" et prévient qu'"il faudra que toute l'équipe défende ensemble", loin de tout triomphalisme. Aucune contestation publique ne s'exprime, en revanche, sur le principe même de cet aller-retour ni sur la méthode Fonseca : la seule réserve documentée reste celle, sportive, formulée par les joueurs eux-mêmes sur la force de l'adversaire turc.
Le match retour se jouera le mercredi 26 août au Groupama Stadium de Décines-Charpieu, où l'OL avait déjà ouvert la billetterie pour ce déplacement à Istanbul, comme nous le rapportions le 15 août. Entre les deux rencontres, l'Olympique Lyonnais doit aussi lancer sa saison de Ligue 1 samedi 22 août à Toulouse.