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Gaz hilarant : HCL et ARS sonnent l'alarme pour l'été

Par rédaction Passage Lyonnais3 min de lecturePhoto by Adhitya Sibikumar on Unsplash

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Protoxyde d'azote : une campagne d'alerte lancée dans toute la région pour l'été

Depuis le 22 juin, les Hospices Civils de Lyon (HCL), l'Agence régionale de santé (ARS) Auvergne-Rhône-Alpes et la Préfecture de région ont uni leurs forces pour frapper fort sur le protoxyde d'azote, le tristement célèbre « gaz hilarant ». La campagne nationale relayée jusqu'en septembre cible prioritairement les jeunes adultes et adolescents, dans une région particulièrement exposée.

Un phénomène sous-estimé aux conséquences neurologiques graves

Le protoxyde d'azote (N2O), présenté à tort comme festif et inoffensif, est en réalité la troisième substance psychoactive la plus consommée chez les jeunes en France. Selon un baromètre Ipsos commandé par la Macif en 2026, plus d'un jeune sur dix entre 16 et 30 ans déclare en avoir déjà consommé, et 43 % des consommateurs réguliers avouent avoir conduit après en avoir inhalé.

En Auvergne-Rhône-Alpes, la réalité est préoccupante : 530 patients ont été pris en charge par les centres d'addictovigilance de Lyon, Clermont-Ferrand et Grenoble entre 2021 et 2025, et plus d'un cas sur deux présentait des complications graves — paralysies, atteintes de la moelle épinière, anémies, thromboses. La région est la 4e la plus touchée de France selon les statistiques nationales des Centres Antipoison. « Près de 76 % des appels reçus concernent des atteintes neurologiques avec parfois des séquelles persistantes nécessitant une rééducation fonctionnelle », alertait déjà en 2022 le Dr Cécile Chevallier, du Centre Antipoison et d'Addictovigilance de Lyon.

Un dispositif de soins structuré aux HCL

Face à la vague, les HCL ont mis sur pied depuis fin 2024 un parcours de soins inédit associant addictologie, neurologie et toxicologie. Une téléconsultation dédiée permet désormais aux consommateurs ou à leurs proches d'être orientés rapidement. En un an, 150 téléconsultations ont été réalisées. Pour Raymond Le Moign, directeur général des HCL, « la meilleure prise en charge reste celle que l'on n'a pas à réaliser » — une formule qui résume l'enjeu de la campagne estivale.

À Saint-Priest, des membres du Conseil municipal des jeunes ont été formés pour sensibiliser leurs pairs et ont réalisé une exposition photo avec le photographe Vincent Delesvaux, sous l'impulsion du maire Gilles Gascon. L'ARS a par ailleurs consacré 2,3 millions d'euros en 2025 à l'ensemble des actions de prévention addictologique auprès des jeunes en région.

La loi RIPOST, entre fermeté et débat

Sur le plan législatif, le projet de loi RIPOST — adopté en Conseil des ministres le 25 mars 2026 — prévoit de faire de l'inhalation un délit passible d'un an d'emprisonnement et de 3 750 euros d'amende, avec des peines aggravées pouvant atteindre trois ans de prison en cas de conduite sous emprise. Plusieurs préfectures de la région, dont le Rhône, ont déjà pris des arrêtés limitant détention et consommation sur l'espace public.

Mais cette logique pénale ne fait pas l'unanimité. La Fédération Addiction, regroupant les professionnels de la réduction des risques, a vivement critiqué le texte : « On ne protégera pas les jeunes avec des amendes et des peines de prison. » L'association plaide pour une réponse sanitaire et éducative prioritaire, craignant que la criminalisation décourage les usagers de solliciter de l'aide médicale.

Que faire en cas de doute ?

En cas de symptômes inquiétants, le Centre Antipoison de Lyon est joignable au 04 72 11 69 11. Les Consultations Jeunes Consommateurs (CJC) du Rhône et les CSAPA offrent un accompagnement gratuit et confidentiel. La téléconsultation HCL dédiée est accessible sur chu-lyon.fr.

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