Passage Lyonnais
LDLC Arena durant la rencontre France Serbie, juillet 2024
Pierre.berendes, CC BY-SA 4.0 — Wikimedia Commons

Sport

Jeux d'hiver 2030 : le CIO verrouille la carte des sites de glace dans la Métropole de Lyon

Le CIO a validé la répartition des épreuves de glace des JO 2030 sur trois sites lyonnais, dix jours après une crise de gouvernance au comité d'organisation.

Par rédaction Passage Lyonnais3 min de lectureGerlandDécines-CharpieuLyonOullins-Pierre-Bénite

Trois jours durant, une délégation venue de Lausanne a arpenté les gradins de la LDLC Arena, les halls d'Eurexpo et la charpente métallique de la Halle Tony Garnier, mètre en main et calendrier en tête. À l'issue de cette visite, la Commission de coordination du Comité international olympique (CIO), conduite par Pierre-Olivier Beckers-Vieujant, a officialisé le 16 septembre la répartition définitive des épreuves de glace des Jeux Alpes 2030 entre les trois sites lyonnais. Le hockey sur glace se jouera à la LDLC Arena de Décines-Charpieu et à la Halle Tony Garnier, tandis qu'Eurexpo, à Chassieu, concentrera le patinage artistique, le short-track et le curling, ainsi que le hockey fauteuil et le curling fauteuil pour les épreuves paralympiques. Les patinoires Charlemagne et Baraban, elles, serviront de sites d'entraînement aux délégations.

Cette validation clôt un dossier ouvert dans la douleur. Fin mai 2026, le nouveau maire de Nice, Éric Ciotti, avait refusé d'installer une patinoire éphémère à l'Allianz Riviera, contraignant le comité d'organisation à rapatrier en urgence l'intégralité du pôle glace, initialement prévu sur la Côte d'Azur, vers un territoire capable d'accueillir toutes les disciplines sur un périmètre resserré. Lyon s'est imposée parce que l'essentiel de ses infrastructures existait déjà. Vincent Roberti, alors directeur général du comité d'organisation (Cojop), avait chiffré l'économie de ce transfert à une centaine de millions d'euros, la ministre des Sports Marina Ferrari confirmant ce montant devant l'Assemblée nationale : le projet niçois était budgété à 115 millions d'euros hors taxes, hors exploitation, quand Lyon mobilise des enceintes déjà debout.

Ce que l'accélération du calendrier ne dit pas de la fragilité du dossier

La répartition des épreuves était "une étape attendue pour entrer de plein pied dans l'organisation de l'évènement", a commenté Jérôme Moroge, vice-président de la Métropole en charge du sport, en insistant sur la sobriété budgétaire de la solution lyonnaise : "Chaque euro investi devra profiter au territoire et laisser un héritage fort." Ce satisfecit intervient dix jours seulement après une secousse de gouvernance qui a fragilisé le Cojop tout entier. Le 10 septembre, Edgar Grospiron, skieur triple champion olympique nommé à la présidence du comité d'organisation en février 2025, a démissionné après des mois de tensions internes, marquées par les départs en cascade de sa directrice des opérations en décembre, de son directeur de la communication en janvier, puis du président du comité des rémunérations, qui dénonçait une "dérive importante". Vincent Roberti assure désormais l'intérim à la présidence, cumulé avec sa direction générale, le temps qu'un successeur soit désigné.

L'ampleur du projet reste, elle, contestée sur le fond. Des associations comme Mountain Wilderness France estiment que la tenue de Jeux d'hiver dans les Alpes en 2030 entre en contradiction avec la loi Climat et résilience et l'objectif de sobriété foncière, tandis que plusieurs centaines de manifestants ont défilé à Grenoble pour dénoncer une décision prise, selon eux, sans consultation des habitants des massifs. Sur le volet financier, des élus écologistes régionaux évoquent un déséquilibre interne pouvant atteindre 900 millions d'euros à la charge des finances publiques, quand le budget global validé par le comité d'organisation s'établit à 2,132 milliards d'euros, dont environ 25 % de fonds publics, État, régions Auvergne-Rhône-Alpes et Sud compris, le reste provenant des droits audiovisuels, du sponsoring et de la billetterie.

Le pari des retombées et le calendrier qui s'accélère

Côté lyonnais, la promesse reste économique et symbolique. Le maire Grégory Doucet a salué l'arrivée du hockey à Gerland comme "une fierté" et table, avec la Métropole, sur des retombées pouvant atteindre 500 millions d'euros, en s'appuyant sur les précédents de la Coupe du monde de rugby 2023, quand hôtels et restaurants avaient tourné à plein régime. Un chiffre que les collectivités elles-mêmes qualifient de difficile à établir avec précision, tant les effets d'un tel évènement, emplois temporaires dans la sécurité, la restauration ou la logistique compris, se diffusent de façon diffuse dans l'économie locale.

Sur le terrain, la préparation se double d'une équation logistique dont nous avions rendu compte fin juillet : les clubs de glace lyonnais redoutent que les créneaux d'entraînement, déjà saturés à Charlemagne et Baraban, ne se resserrent encore avec la montée en puissance des préparatifs olympiques. Le Village olympique et paralympique, dont nous annoncions l'implantation à la Saulaie mi-août, à Oullins-Pierre-Bénite, doit accueillir environ 1 500 athlètes durant les deux séquences des Jeux, prévues du 1er au 17 février puis du 1er au 10 mars 2030 pour les épreuves paralympiques. Le comité d'organisation entre désormais dans une phase de planification opérationnelle, mobilités, sécurité civile et aménagements urbains, jusqu'à la cérémonie d'ouverture du 1er février 2030.

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