"Nos sœurs endormies" : la Fondation Renaud redonne voix aux femmes oubliées de l'art lyonnais
Dès ce vendredi, les casemates du Fort de Vaise s'ouvrent à une exposition hors du commun. Laure Subreville, artiste vidéaste et plasticienne installée à Lyon, y présente Nos sœurs endormies, la restitution de trois mois de résidence au sein de la Fondation Renaud. L'exposition court jusqu'au 26 juillet.
Pour décrocher cette résidence, la concurrence était rude : quatre-vingt candidatures ont afflué de toutes disciplines, autour du thème des « entrelacs » choisi par l'équipe pour 2026. Après délibération d'un jury de professionnels du monde culturel lyonnais, trois finalistes ont été auditionnés avant que Laure Subreville ne soit désignée lauréate de l'édition.
Diplômée de l'École des Beaux-Arts de Bordeaux en 2017, cette native de Castres (née en 1993) développe depuis une pratique mêlant vidéo, documentaire et création sonore. Ses films — Fortuna, Artémis, Camopi One (consacré à la communauté Wayãpi en Guyane) — portent une attention particulière aux communautés marginalisées et aux liens entre les individus et leur territoire.
Des archives comme matière première
À la Fondation Renaud, l'artiste a plongé dans les collections, ouvrant des cartons parfois jamais consultés, parcourant des correspondances oubliées. Trois figures se sont alors imposées : Thérèse Contestin (1924-2010), Alice Gaillard et Louise Hornung, artistes lyonnaises dont les trajectoires témoignent de ruptures, de persévérance et d'un effacement progressif dans l'histoire de l'art local.
Le dispositif d'exposition se construit autour d'un studio d'enregistrement aménagé sur la mezzanine : un lit central accueille les échanges, pensé comme espace d'écoute et de confidence. Les entretiens filmés, enregistrés et photographiés avec des femmes actives aujourd'hui dans le champ culturel lyonnais forment le cœur du projet, projetés dans les casemates aux côtés des œuvres des trois artistes redécouvertes et de documents d'archives — lettres, cartes postales, photographies.
La légitimité en question
L'exposition pose frontalement la place des femmes dans les collections publiques et privées, la précarité du statut d'artiste-autrice et les « stratégies de survie » dans le milieu de l'art. Une enquête ludique propose aux visiteurs de retrouver des œuvres vendues sous pseudonyme masculin — rappel que ces effacements ne sont pas anecdotiques mais systémiques. La Fondation Renaud, dont la mission inclut depuis sa création la sauvegarde du patrimoine artistique lyonnais et le soutien à la création contemporaine, met ici en lumière un angle mort persistant de l'histoire de l'art régional.
Pratique
L'exposition est accessible les vendredis, samedis et dimanches de 14h à 18h (horaires adaptés en cas de canicule : 9h-13h). Tarif plein : 5 euros ; tarif réduit : 3 euros. Des visites « 1 jour 1 œuvre » sont proposées chaque samedi et dimanche à 15h, et des « Instants fraîcheurs » chaque dimanche à 15h30 (entrée + 2 euros). Une rencontre avec l'artiste est programmée le vendredi 17 juillet de 15h30 à 17h, avec dédicace du catalogue. Fort de Vaise — 25, boulevard Saint-Exupéry, Lyon 9e.
Sources
Ville de Tassin-la-Demi-Lune
Appel à candidatures pour le Concours Amateurs de Tarte à la Praline – Fête de la Gastronomie de Tassin la Demi-Lune, édition 2026Tennis Club de Lyon
fête du club – vendredi 26 juin à 19hLe Toboggan (Décines)
Retour en imagesDrag me to the TobogglamVille de La Tour-de-Salvagny
Soirée des bénévolesVille de La Tour-de-Salvagny
Café des élusFondation Renaud
26 juin au 26 juillet – Exposition Laure Subreville, Nos sœurs endormies