Passage Lyonnais
La Villa Lumière, siège de l'Institut Lumière à Lyon, décorée de banderoles du festival.
Matt Neale from UK, CC BY 2.0 · Wikimedia Commons

Culture

Les Diables, le film longtemps censuré, retrouve son intégrité à Lyon

Coupé à sa sortie en 1971 et banni en Finlande jusqu'en 2001, le film de Ken Russell est projeté en version intégrale restaurée au Festival Lumière.

Par Rédaction Passage Lyonnais2 min de lectureConfluenceMonplaisirLyon
Événement· UGC Ciné Cité Confluence, LyonVoir l'agenda →

Mardi 13 octobre, 16 h 45, UGC Ciné Cité Confluence. Sur l'écran, une nonne bossue en partie déshabillée hurle à la foule : « Je suis belle ! Je suis belle ! » C'est Les Diables, le film que le Britannique Ken Russell a tourné en 1971 et dont une partie des scènes, coupées par la censure, n'avait plus été vue depuis cinquante ans. Le Festival Lumière le présente cette semaine dans sa nouvelle restauration, le director's cut voulu par son réalisateur.

La séance de ce mardi fait suite à une première projection la veille, lundi 12 octobre à 21 h 30, à l'Institut Lumière, dans le Hangar du Premier-Film. Une troisième séance est programmée samedi 17 octobre à 17 h 15, de nouveau à l'UGC Ciné Cité Confluence. Le film dure 1 h 54 et il est interdit aux moins de 16 ans.

Pourquoi ce film a mis un demi-siècle à retrouver son intégrité

L'histoire se déroule à Loudun en 1634 : un envoyé de Richelieu débarque dans cette cité où catholiques et protestants cohabitent librement, sous la bénédiction d'un homme d'Église, Urbain Grandier, dont l'abbesse Jeanne des Anges est folle amoureuse. Russell adapte une pièce de John Whiting, elle-même tirée des Diables de Loudun d'Aldous Huxley. Le tournage commence en 1970, en grande partie aux studios de Pinewood, avec pour directeur artistique Derek Jarman, dont c'est la première expérience au cinéma. Vanessa Redgrave et Oliver Reed tiennent les rôles principaux ; Reed défendra le film d'une phrase : « On n'est jamais parti pour faire un gentil film chrétien. »

À sa sortie, la censure britannique impose des coupes et classe le film X, interdit aux moins de 18 ans, comme les autorités américaines. D'autres pays le bannissent purement et simplement, dont la Finlande, jusqu'en 2001. Le Vatican demande son retrait des projections de la Mostra de Venise. La critique se montre sévère et lui reproche son « grand-guignol », quand les salles anglaises, elles, en font un succès.

Commence alors un long chemin pour retrouver le montage voulu par Russell. Une première restauration est projetée à Londres en 2002. En 2014, des cinéastes dont Guillermo del Toro soutiennent la campagne #FreeTheDevils, qui réclame que le film soit davantage accessible. En 2026, Warner Bros., par son label Clockwork, sort un director's cut en 4K tiré d'un négatif original, avec les scènes enlevées en 1971, selon la présentation du festival.

Une ressortie au cœur d'une édition sous contrainte budgétaire

Les Diables figure dans la section des nouvelles restaurations d'une 18e édition qui annonce près de 450 séances dans une cinquantaine de lieux de la métropole, du 10 au 18 octobre. Comme nous l'écrivions le 22 septembre, l'édition 2025 avait rassemblé 185 000 festivaliers, mais la Métropole de Lyon avait annoncé en octobre 2025 une baisse de 7,7 % de sa subvention au festival.

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