Passage Lyonnais
La villa Lumière, façade à tourelles de l'Institut Lumière, avec des bannières du festival accrochées aux fenêtres, dans le quartier de Monplaisir.
Matt Neale from UK, CC BY 2.0 · Wikimedia Commons

Culture

Les frères Coen refont la Sortie d'usine à Lyon, et Lumière se prolonge jusqu'au 19 novembre

Après la clôture à la Halle Tony Garnier, l'Institut Lumière garde à l'affiche Coen, Scola et Jewison du 21 octobre au 19 novembre.

Par Rédaction Passage Lyonnais4 min de lectureMonplaisirLyon
Événement· Institut Lumière, 25 rue du Premier-Film, Lyon 8eVoir l'agenda →

Il aura fallu trois prises. Dans le Hangar du Premier film, James Franco feuillette un petit livret de photographies, la caméra monte lentement, et les acteurs entrent dans le champ. Joel et Ethan Coen viennent de refaire à leur façon les Sorties d'usine des frères Lumière. Le récit figure dans le journal du festival daté du dimanche 18 octobre, jour de clôture de la 18e édition.

Le plateau réunit Radu Mihaileanu, Sabine Azéma, Danièle Thompson, Benoît Magimel, Daniel Auteuil, Frances McDormand et Nadine Labaki, invitée d'honneur de l'édition. Avant de tourner, les Coen ont visionné dans la salle du hangar les trois versions originelles du film Lumière, puis le remake signé Francis Ford Coppola. « On va d'abord faire un plan sur le flipbook, puis on va faire un genre de chorégraphie qui nous conduira à notre version », annonce Joel Coen. Ethan, lui, rappelle aux acteurs d'éviter de trop s'approcher de la caméra.

Le résultat tient du cortège : des comédiens enfourchent des vélos, d'autres cajolent des chiens, comme dans le film d'origine. Deux actrices se disputent un parapluie. Nadine Labaki embrasse son mari, le musicien Khaled Mouzanar ; Bérénice Béjo et Michel Hazanavicius font de même. « On a beaucoup pratiqué », précise ce dernier. Benoît Magimel ferme la marche. Projetée dans la salle, la troisième prise est jugée la meilleure. Sur scène, Ethan Coen conclut : « Je vois que Joel commence à partir, c'est que la prise est bonne ! »

Le même jour, la grande séance de clôture, en présence des frères Coen, était annoncée à 15 h à la Halle Tony Garnier. Dans un message adressé au public, l'équipe du festival indiquait que le Village cinéma du Grand Hôtel-Dieu ouvrirait de 10 h 30 à 19 h dans des conditions normales. Seules les séances de l'UGC Confluence étaient supprimées, le centre commercial étant fermé par arrêté préfectoral, avec remboursement automatique des spectateurs. La veille, comme nous l'écrivions, une manifestation place Bellecour avait fait annuler quatre séances au Pathé Bellecour et fermer le Village.

Que disent les Coen de l'Amérique qu'on leur prête ?

En conférence de presse, la question politique était sur la table. Joel Coen a répondu que « la situation politique américaine a toujours innervé nos films, mais jamais traitée de manière frontale. Ce n'est pas notre genre ». Ethan a ajouté que « c'est quelque chose à laquelle on ne pense pas » et que « chacun peut évidemment y voir ce qu'il veut ». Leur seul sujet, dit-il, est l'histoire qu'ils racontent.

Le journal du festival revient aussi sur The Big Lebowski (1998), septième long métrage du duo, sorti deux ans après Fargo. Le film n'a pas rencontré le succès espéré à sa sortie, Jeff Bridges se disant « un peu déçu ». Il a ensuite donné naissance aux « Lebowski Fest » aux États-Unis. John Goodman assure que les répliques, qui semblent improvisées, « ne l'étaient jamais ».

D'autres rendez-vous du dimanche figurent dans le même numéro : les deux premiers épisodes de la série Alice, avec Bérénice Béjo dans le rôle d'Alice Guy, présentée comme la première réalisatrice de l'histoire du cinéma, et le documentaire Jane comédienne, consacré à Jane Birkin. Le journal annonce aussi, sans autre précision, la création d'un prochain festival consacré uniquement au cinéma muet.

Que reste-t-il à l'écran après la Halle ?

L'Institut Lumière prolonge l'édition du mercredi 21 octobre au jeudi 19 novembre 2026, au 25 rue du Premier-Film, Lyon 8e. Le programme réunit huit films des Coen, six d'Ettore Scola et huit de Norman Jewison. S'y ajoutent des « plaisirs du grand écran » (Tigre et Dragon, Zorba le Grec, Ghost in the Shell) et les « découvertes » de l'édition, de Nous les gosses de Louis Daquin (1941) à Caddie de Donald Crombie (1976).

Côté Coen, Fargo ouvre le bal le mercredi 21 octobre à 18 h 30, puis Barton Fink le samedi 24 octobre à 17 h 45 et O'Brother le dimanche 25 octobre à 16 h 30. The Big Lebowski passe le vendredi 30 octobre à 20 h 15, le dimanche 8 novembre à 16 h 30 et le vendredi 13 novembre à 18 h 30. Scola est à l'affiche avec Une journée particulière les 8 et 12 novembre, un film que la réalisatrice Audrey Diwan décrit comme une histoire « belle car elle est éphémère ».

Les tarifs affichés sont de 8,90 € au plein tarif, 7,40 € au tarif réduit et 5,40 € pour les abonnés. Les clubs entrent gratuitement. La billetterie se fait en ligne. Les séances des 17 et 19 novembre se tiennent à la Villa Lumière.

La fréquentation de ces séances prolongées dira peu de choses de l'édition en cours. Pour l'édition 2025, Lyon Capitale a rapporté, le 24 octobre 2025, environ 185 000 visiteurs et 137 000 billets payants. Dans notre article du 22 septembre, nous relevions que la subvention de la Métropole avait été réduite de 7,7 % pour cette 18e édition.

Le calendrier des Prolongations indique que Un violon sur le toit de Norman Jewison, qui dure 3 h 01, ne sera projeté qu'une seule fois : le samedi 24 octobre à 14 h 30.

Partager

Une erreur dans cet article ? Signalez-la à la rédaction.

Newsletter

L'essentiel de la semaine lyonnaise, chaque dimanche matin.

La sélection des articles publiés cette semaine sur Passage Lyonnais, livrée directement dans votre boîte mail.

  • Gratuit
  • Sans publicité
  • Un envoi par semaine

Vous recevrez un email de confirmation. Désabonnement en un clic depuis le pied de chaque newsletter.

Nous suivre

Suivez l'actualité lyonnaise là où vous êtes déjà.

Chaque article de Passage Lyonnais est annoncé sur nos comptes dès sa mise en ligne.