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Lyon-Turin : les écologistes réclament l'arrêt du chantier du tunnel de base

Par rédaction Passage Lyonnais3 min de lectureFlorian Pépellin, CC BY-SA 4.0 — Wikimedia Commons

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Le groupe des Écologistes au conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes a publié le 2 juillet un communiqué demandant la « suspension immédiate » des travaux du tunnel de base de la liaison ferroviaire Lyon-Turin, ainsi que des études sur les accès français, tant qu'une réévaluation globale et indépendante du projet n'aura pas été menée.

Cette sortie s'appuie sur des informations publiées par Le Monde selon lesquelles le tunnelier Viviana, qui creuse côté français entre Saint-Martin-la-Porte et La Praz, n'aurait réalisé que 3 % de l'excavation prévue en neuf mois. Dans son point d'avancement de juin, TELT, le maître d'ouvrage franco-italien, confirme que cette machine « n'a pas encore atteint sa cadence nominale », sans toutefois communiquer de pourcentage précis. Les Écologistes en déduisent un risque de retard d'au moins deux années supplémentaires par rapport au calendrier déjà révisé par TELT elle-même, qui annonce officiellement une mise en service fin 2033, contre 2032 dans les précédentes estimations.

Sur le plan financier, TELT a elle-même réévalué en 2024 le coût à terminaison du seul tunnel transfrontalier à 11,1 milliards d'euros, contre 8,6 milliards d'euros lors de la création de la société en 2015 — soit une hausse de près de 30 % en neuf ans. Le maître d'ouvrage attribue cette dérive budgétaire à la pandémie de Covid-19, à la guerre en Ukraine, qui a renchéri certaines matières premières, à la concurrence d'autres grands chantiers comme celui des Jeux olympiques, ainsi qu'à des aléas géologiques rencontrés en cours de percement. Le coût global du projet, infrastructures d'accès comprises, est estimé à environ 30 milliards d'euros par les opposants ; ni TELT ni les États français et italien ne confirment publiquement ce chiffre à ce jour.

Les Écologistes s'inquiètent aussi des risques pour la ressource en eau : selon eux, les nappes phréatiques des massifs de Belledonne, de Chartreuse et de la chaîne de l'Épine — concernés par le tracé encore à l'étude des accès français — pourraient voir leur niveau baisser de 50 à 100 mètres, un impact qu'ils jugent sous-évalué. En Maurienne, des riverains et agriculteurs rapportent par ailleurs des atteintes aux terres agricoles plus importantes qu'annoncé. TELT oppose à ces craintes un objectif affiché d'« impact zéro » sur les ressources hydriques et un dispositif de surveillance qu'elle présente comme continu : sur le chantier transfrontalier proprement dit, la société dit suivre mensuellement 170 points d'eau côté italien, dans le Val de Suse, depuis 2009, sans incident recensé sur les 79 derniers contrôles, avec des débits d'eau réellement mesurés — jusqu'à 65 litres par seconde sur le site de Chiomonte — très inférieurs aux projections initiales, comprises entre 237 et 447 litres par seconde. Ce dispositif ne couvre toutefois pas directement les massifs français de Belledonne et Chartreuse, dont les études hydrogéologiques restent liées au choix, encore en discussion, du tracé des accès.

Les Écologistes citent également le rapport « Grands projets : le temps des choix », remis le 6 mai 2026 par le conseiller David Valence au ministre des Transports Philippe Tabarot. Ce document, qui passe en revue dix-huit grandes infrastructures nationales, ne réclame pas l'abandon du tunnel lui-même : il se dit en revanche divisé sur le scénario « grand gabarit » retenu pour les accès français et invite à des études complémentaires sur les perspectives de trafic fret avant d'engager leur construction — un point que les Écologistes présentent comme un motif supplémentaire de prudence.

À ce stade, ni TELT ni les autorités gouvernementales françaises ou italiennes n'ont réagi publiquement à cette nouvelle demande de suspension. Le projet continue de bénéficier d'un important soutien financier européen : la Commission européenne a annoncé une subvention de 765 millions d'euros sur quatre ans, dont 700 millions d'euros pour TELT et 64,5 millions d'euros pour les études des accès français, dans le cadre d'un programme européen de plusieurs milliards d'euros pour les infrastructures de transport durable, qui classe le Lyon-Turin parmi les tout premiers projets financés sur l'ensemble des dossiers sélectionnés.

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