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Environnement

Partir bas carbone : l'ALEC Lyon chiffre le vrai coût climatique de nos vacances

Par rédaction Passage Lyonnais3 min de lecturePhoto by Matt Dany on Unsplash

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À quelques jours des grands départs estivaux, l'Agence locale de l'énergie et du climat de la Métropole de Lyon (ALEC) a publié le 29 juin un guide pratique pour alléger l'empreinte carbone des congés. Une invitation à repenser ses choix avant de boucler les valises, sans pour autant sonner le glas du dépaysement.

8,8 % des émissions mondiales

Le constat est saisissant : le tourisme mondial représentait, en 2019, 8,8 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, avec une croissance annuelle de 3,5 % entre 2009 et 2019, soit plus du double du rythme de l'économie mondiale. Et ce chiffre pourrait tripler d'ici 2050 si rien ne change. En France, les données les plus récentes de l'INSEE et du SDES, publiées en avril 2026, chiffrent l'empreinte carbone de la consommation touristique à 75 millions de tonnes équivalent CO₂ pour l'année 2023. Le transport y pèse à lui seul 65 % du total, alors qu'il ne représente que 29 % des dépenses.

Le mode de transport, levier numéro un

La façon de se déplacer est, de loin, le facteur le plus déterminant. Un aller-retour Paris-New York en avion émet environ 1,8 tonne de CO₂ par passager, soit presque l'équivalent du budget carbone annuel individuel recommandé pour respecter l'Accord de Paris (moins de 2 tonnes par an et par personne d'ici 2050). À l'opposé, le train n'émet que 2 à 6 grammes de CO₂ par kilomètre en France, contre 150 à 250 grammes pour l'avion, grâce au mix électrique bas carbone du réseau ferroviaire. La voiture thermique en solo plafonne à 180 grammes par kilomètre, mais tombe à 45 grammes à quatre occupants. Ces ordres de grandeur sont issus de la Base Empreinte® de l'ADEME.

L'hébergement, le poste oublié

L'ALEC rappelle également que l'hébergement représente environ 20 % de l'empreinte carbone d'un séjour, un poste souvent négligé. Choisir un camping, un gîte bien isolé ou un hébergement labellisé — Écolabel européen, Clef Verte — peut sensiblement alléger la facture climatique par rapport à une villa avec piscine chauffée ou un hôtel climatisé en continu.

Du podcast pour aller au-delà des chiffres

Plutôt que de rester dans le théorique, l'agence met en avant le témoignage de Loïc dans son podcast La FAQ de l'énergie et du climat : sans avion ni voiture, il a rejoint la Corse depuis les Alpes en combinant train, ferry et débrouille. Un récit d'expérience concret pour ceux qui doutent de la faisabilité.

Des pistes, mais des limites réelles

L'ALEC prend soin de ne pas culpabiliser et reconnaît elle-même que la compensation carbone « ne remplace pas la réduction à la source ». Une nuance importante : plusieurs associations environnementales contestent régulièrement l'efficacité et la transparence des dispositifs de compensation disponibles sur le marché. Par ailleurs, la question de l'accessibilité tarifaire du train reste entière : un billet Intercités ou TGV acheté à la dernière minute peut dépasser plusieurs fois le prix d'un vol low-cost, rendant le choix bas carbone plus difficile pour les budgets contraints.

Fondée en 2000, l'ALEC accompagne 1,4 million d'habitants répartis dans les 59 communes de la Métropole de Lyon sur les enjeux de transition énergétique et climatique. Son guide estival arrive à point nommé, à l'heure où les autoroutes et les gares commencent tout juste à se saturer.

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