Pollution à l'ozone : alerte orange sur la Métropole, la ZFE en ordre de bataille
Commencé le 18 juin, l'épisode de pollution à l'ozone frappant le Rhône et la Métropole de Lyon a franchi un nouveau palier mercredi 24 juin : la Préfecture du Rhône a activé l'alerte orange, contraignant les autorités à maintenir et renforcer les restrictions de circulation déjà engagées la veille.
Le cocktail à l'origine de cet épisode est classique des étés de la région : chaleurs intenses et apport de poussières sahariennes ont réuni les conditions météorologiques favorables à la formation d'ozone dans le bassin lyonnais et le nord de l'Isère. Atmo Auvergne-Rhône-Alpes, chargé de la surveillance de la qualité de l'air, avait placé le département en vigilance dès le début de la semaine.
La ZFE en mode crise
À partir du mercredi 24 juin à 5 heures du matin, la circulation différenciée a été instaurée dans la Zone à Faibles Émissions de la Métropole de Lyon. Seuls les véhicules arborant une vignette Crit'Air 0, 1 ou 2 ont été autorisés à circuler à l'intérieur du périmètre métropolitain. Les Crit'Air 3, 4 et 5 ainsi que les véhicules sans vignette ont été interdits de route. Exception notable : les covoitureurs transportant au moins trois personnes n'étaient pas soumis à la restriction, tout comme les véhicules PMR et les véhicules d'intérêt général prioritaires. Toutes les dérogations habituellement accordées par la Métropole ont été suspendues le temps de l'épisode.
Sur les axes du département normalement limités à 80 ou 90 km/h, la vitesse a été abaissée à 70 km/h. Les résidents ont bénéficié d'une journée de stationnement gratuite, leur ticket en cours de validité étant automatiquement prolongé d'un jour.
Les transports en commun en renfort
SYTRAL Mobilités a renforcé son dispositif pour absorber le report de trafic. Les 24 rames automatiques climatisées de la ligne B du métro, l'intégralité des tramways et la quasi-totalité des bus ont constitué une alternative fraîche. Le service fluvial Navigône, reliant Vaise Industrie à la Confluence sur 6,2 km, a lui aussi été mis en avant, avec deux bateaux supplémentaires annoncés en juillet.
Une mesure portée par un contexte politique explosif
L'activation de la circulation différenciée survient dans un climat tendu autour de la ZFE. En avril 2026, les groupes LR et RN à l'Assemblée avaient obtenu son abolition via un amendement à un projet de loi de simplification économique. Véronique Sarselli, élue LR à la Métropole, avait qualifié le dispositif de "dogmatique et inapplicable". Mais le Conseil constitutionnel a annulé cette suppression le 21 mai 2026, jugeant l'amendement sans lien avec son texte porteur. La ZFE reste donc en vigueur, et la pollution de cette semaine rappelle les raisons de son existence : selon Atmo Auvergne-Rhône-Alpes, 97 % de la région Auvergne-Rhône-Alpes enregistre des taux de PM2,5 dépassant les seuils OMS, et la pollution atmosphérique provoque 40 000 décès prématurés par an en France.
Les populations vulnérables ont été invitées à limiter leurs activités physiques extérieures, à éviter les grandes artères aux heures de pointe et à programmer leurs sorties avant 13h ou après 20h.
Sources
Mairie de Lyon
Mise en place de la circulation différenciéeOnlymoov - Info mobilité Métropole de Lyon
Fortes chaleurs : les transports en commun, une alternative fraîche et pratique