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Protoxyde d'azote : Lyon et sa région renforcent la prévention face à un phénomène en hausse

Par rédaction Passage Lyonnais2 min de lectureSaint-Priest

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Le protoxyde d'azote, ce gaz inhalé via des cartouches ou des ballons colorés, continue de progresser chez les jeunes de la métropole lyonnaise, au point de mobiliser l'État, l'Agence régionale de santé (ARS) Auvergne-Rhône-Alpes et les Hospices Civils de Lyon (HCL). Une campagne régionale de sensibilisation, lancée le 23 juin dernier à Saint-Priest en présence du préfet du Rhône Étienne Guyot et du maire Gilles Gascon, se poursuit désormais dans plusieurs communes de l'agglomération, dont Collonges-au-Mont-d'Or qui relaie l'alerte sur son site depuis le 3 juillet.

Les chiffres justifient la mobilisation. Entre 2021 et 2025, environ 530 personnes ont été prises en charge par les centres d'addictovigilance de Lyon, Clermont-Ferrand et Grenoble pour des complications liées à ce produit, selon les données relayées par la préfecture de région. Plus de la moitié d'entre elles ont conservé des séquelles graves ou ont dû être hospitalisées. Au niveau national, environ 14 % des 18-24 ans déclarent avoir déjà expérimenté ce gaz, et les signalements d'intoxication continuent d'augmenter dans les centres antipoison, selon l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM).

Souvent présenté comme un produit festif inoffensif, le protoxyde d'azote peut pourtant provoquer des lésions irréversibles de la moelle épinière et du cerveau, des troubles psychiatriques ainsi que des paralysies, rappellent les HCL sur leur site. L'altération de la vigilance qu'il provoque est aussi associée à des accidents de la route, un lien mis en avant par les autorités locales.

Face à ce constat, les HCL ont structuré une prise en charge associant addictologie, neurologie et toxicologie, complétée par une téléconsultation dédiée aux consommateurs. Les jeunes concernés peuvent également s'adresser gratuitement et de façon confidentielle aux Consultations Jeunes Consommateurs (CJC) et aux Centres de soins, d'accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA) présents dans la région.

À Saint-Priest, la riposte s'appuie aussi sur la jeunesse elle-même. Les membres du Conseil municipal des jeunes et du Pôle Enfance-Famille ont réalisé une exposition photo et prépareront, dès la rentrée, une vidéo de prévention avec l'appui des équipes du CHU de Lyon, destinée à être diffusée dans les établissements scolaires et lors d'une conférence au Théâtre Théo Argence. « Le combat contre l'usage détourné du protoxyde d'azote est d'abord un combat pour la santé de notre jeunesse », a insisté le maire Gilles Gascon, saluant des jeunes qui « participent pleinement aux solutions ».

Si aucune association de riverains ou collectif critique ne s'est pour l'instant exprimé publiquement sur le dispositif, la question du contrôle de la vente des cartouches, largement disponibles en supérette et en ligne, demeure un point de débat récurrent parmi les professionnels de santé confrontés à la hausse continue des cas.

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