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Rideau métallique baissé devant une façade de brique, type d'équipement que l'aide régionale permet de financer à moitié
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Économie

Rideaux de fer, vitrages, brouillard opacifiant : la Région paie la moitié, jusqu'à 5 000 € par commerce

Les demandes ouvrent ce vendredi 23 octobre, et les achats faits depuis le 19 octobre sont couverts, dans une enveloppe de 15 millions d'euros.

Par Rédaction Passage Lyonnais4 min de lecturePresqu'îleLyon

Cinq cents commerces saccagés en Auvergne-Rhône-Alpes en une seule journée, le samedi 17 octobre, selon la Région. À Lyon, la Métropole estimait entre 150 et 200 le nombre de commerces touchés par les saccages et pillages, comme nous l'écrivions le 20 octobre. Six jours après les violences, la Région ouvre ce vendredi 23 octobre, sur son site, le guichet de son aide « Protéger mon point de vente ».

Le principe est simple : la Région finance 50 % des dépenses éligibles, dans la limite de 5 000 € par établissement. Comme le rappelle le MEDEF Lyon-Rhône, cela correspond à des achats pouvant aller jusqu'à 10 000 €. L'enveloppe totale est de 15 millions d'euros. Annoncée mercredi 21 octobre, elle prévoit une instruction « rapide et simple » et un versement des premières aides « sous quelques jours ».

Que finance cette aide, et pour qui ?

Il ne s'agit pas d'indemniser les vitrines brisées, mais d'équiper les commerçants contre une prochaine fois. La liste de la Région comprend des rideaux métalliques, des vitrages de sécurité, des alarmes et sirènes, de la vidéoprotection dite intelligente, des systèmes d'ADN synthétique (un marquage qui permet d'identifier les auteurs d'un vol) et des générateurs de brouillard opacifiant. Ces derniers diffusent, selon le communiqué régional, une fumée dense « en 2 à 20 secondes dès l'intrusion », qualifiée de non toxique.

Les achats faits depuis le lundi 19 octobre sont pris en compte, ce qui couvre les commerçants qui ont équipé leur boutique dans les jours suivant les pillages. L'aide vise en priorité les communes « fortement impactées » : les quatre métropoles de la région (Lyon, Grenoble, Saint-Étienne, Clermont-Ferrand), ainsi que Chambéry, Annemasse, Valence, Annecy et Villefranche-sur-Saône. Les communes et les métropoles qui le souhaitent pourront compléter l'aide régionale, précise le communiqué.

Un ordre de grandeur : à 5 000 € par dossier, 15 millions d'euros financeraient au maximum 3 000 établissements (calcul de notre rédaction), soit six fois les 500 commerces saccagés comptés par la Région. Mais l'aide s'adresse aussi aux commerçants « exposés », et pas seulement aux victimes.

La présentation politique est tranchée. Dans le communiqué du 21 octobre, Fabrice Pannekoucke, président de la Région, parle de « deux France » : celle qui porte des revendications légitimes et celle qui « prend prétexte » de ces revendications pour « casser, détruire et piller ». Laurent Wauquiez, conseiller spécial de la Région et député de la Haute-Loire, affirme que l'objectif est « de leur donner les moyens d'anticiper et de se protéger », pas seulement de réparer.

Cette aide s'ajoute-t-elle à celles déjà annoncées ?

Elle arrive après un premier train de mesures locales. La Métropole de Lyon a débloqué 10 millions d'euros pour les professionnels sinistrés. Le MEDEF Lyon-Rhône, dont le point d'étape date du 20 octobre au matin, indique que les modalités d'attribution de cette enveloppe restaient « à préciser ».

Le même document recense d'autres appuis, aux montants et aux logiques différents :

  • la CCI annonce 3 000 € d'aide d'urgence par commerce touché, et la Chambre des métiers 1 500 € pour les artisans ;
  • l'Urssaf peut examiner une aide d'urgence allant jusqu'à 2 000 €, sur demande argumentée ;
  • France Assureurs a porté le délai de déclaration des sinistres à 30 jours et annonce des acomptes pour les cas les plus difficiles ;
  • Banque Populaire Auvergne Rhône Alpes propose, selon les secteurs, une avance de trésorerie gratuite jusqu'à 30 000 € et un prêt « remise en état » à taux zéro jusqu'à 10 000 €.

Le guichet unique de la CCI (04 72 40 59 59) est l'interlocuteur indiqué pour vérifier les conditions.

La vocation de chaque aide diffère donc. Celle de la Région finance des équipements neufs. Les aides de la CCI et de la Chambre des métiers, la trésorerie bancaire et les assurances répondent aux pertes immédiates. La Métropole, elle, évoque la sécurisation des établissements mais aussi les matériels endommagés ou détruits.

Et après l'urgence, que prévoit le Pack Région ?

La Région a voté le 22 octobre, en assemblée plénière, un « Pack Région commerçants et artisans », destiné en priorité aux créateurs, aux repreneurs et aux entreprises de moins de 10 salariés. Il regroupe des aides existantes, avec une ligne téléphonique gratuite, un portail dédié et moins de pièces justificatives. Un dossier unique partagé avec les collectivités qui cofinancent n'est annoncé qu'« à terme ».

Le Pack comprend notamment une aide à l'investissement d'au moins 20 % du projet, plafonnée à 10 000 €, un prêt d'honneur de 1 000 à 18 000 €, un prêt à taux zéro de 3 000 à 20 000 € et une garantie couvrant jusqu'à 65 % d'un prêt bancaire de 200 000 € au maximum. Pour justifier la simplification, la Région cite un rapport du Sénat de 2023 selon lequel près de 50 % des entreprises disent avoir déjà renoncé à une aide publique à cause de la complexité des démarches.

Le même jour, la plénière a aussi traité les dégradations dans les lycées : 10 millions d'euros mobilisés pour les réparations, jusqu'à 20 millions avec des redéploiements internes. Dans son dossier de presse, la Région rappelle avoir distribué récemment 200 boutons d'alerte aux buralistes exposés aux violences.

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