Voies de covoiturage de la M6 et M7 : la Métropole veut savoir si le dispositif fonctionne vraiment
Deux bandes de bitume, un macaron sur le pare-brise et, depuis peu, des caméras infrarouges qui comptent les silhouettes à bord. Sur la M6, entre Dardilly et Tassin-la-Demi-Lune, et sur la M7, entre le Musée des Confluences et Oullins-Pierre-Bénite, les voies réservées au covoiturage existent depuis fin 2020. Six ans après, la Métropole de Lyon et le Cerema lancent la quatrième édition de leur enquête d'usages et de ressenti, ouverte en ligne à tous les usagers, conducteurs comme passagers, pour un remplissage annoncé à cinq minutes.
L'objectif affiché n'a pas changé : faire reculer l'autosolisme, ces trajets où l'on roule seul au volant, pour fluidifier une circulation chronique aux heures de pointe et limiter les émissions liées aux déplacements domicile-travail. Ces voies sont accessibles aux véhicules transportant au moins deux personnes, aux taxis, aux véhicules d'urgence, à certains bus et, depuis peu, aux électriques classées Crit'Air 0.
Le dispositif a pris une tournure plus contraignante depuis l'été 2024. Le contrôle automatisé, activé le 12 juillet 2024, repose sur des radars équipés de caméras infrarouges capables de repérer le nombre de silhouettes dans l'habitacle, sans identification des personnes. En dix-huit mois de fonctionnement, ces radars ont dressé 5 743 amendes, pour un montant unitaire de 135 euros, soit plus de 770 000 euros recouvrés, selon les données rapportées par Lyonmag. Un chiffre qui alimente régulièrement la controverse sur les réseaux et dans la presse locale, certains automobilistes dénonçant un outil davantage tourné vers la sanction que vers l'incitation, notamment pour les familles ou les trajets occasionnels mal identifiés par les capteurs.
C'est précisément ce ressenti que l'enquête du Cerema cherche à objectiver. L'organisme public d'expertise, qui a déjà évalué ce type de voies ailleurs en France, veut mesurer si les usagers perçoivent une amélioration réelle de leurs temps de trajet, s'ils covoiturent davantage qu'avant l'installation des radars, et quelles frictions subsistent, qu'il s'agisse de la lisibilité de la signalisation ou de la difficulté à trouver un covoitureur au quotidien. Les résultats des éditions précédentes n'ont pas été rendus publics dans le détail à ce stade, mais la Métropole indique vouloir s'appuyer sur ce retour de terrain pour ajuster le dispositif, sans toutefois avancer de calendrier précis de décision.
En attendant, les 5 743 flashés de 2024 et 2025 rappellent que la ligne entre incitation et sanction reste ténue sur ces deux axes, où la file de gauche continue de se remplir, à raison ou à tort, sous l'œil des caméras.
Sources
Onlymoov - Info mobilité Métropole de Lyon
Voies de covoiturage : quelques questions pour une meilleure circulation