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Chirurgie de l'enfant : l'Auvergne-Rhône-Alpes se dote d'un dispositif de coordination inédit

Par rédaction Passage Lyonnais2 min de lecturePhoto by Navy Medicine on Unsplash

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La région Auvergne-Rhône-Alpes franchit une étape structurante pour la prise en charge chirurgicale des enfants. Le 1er juin 2026, l'assemblée générale constitutive du Dispositif spécifique régional (DSR) de chirurgie pédiatrique s'est réunie, officialisant la naissance d'une instance destinée à coordonner les 65 sites autorisés à pratiquer la chirurgie de l'enfant dans la région. L'ARS Auvergne-Rhône-Alpes a annoncé la nouvelle le 26 juin.

Une réforme nationale, une traduction régionale

Cette nouvelle organisation découle des décrets du 29 décembre 2022, qui ont, pour la première fois, fixé réglementairement les conditions qu'un établissement doit remplir pour prendre en charge chirurgicalement une patientèle pédiatrique. Objet de travaux préparatoires intégrés dès l'élaboration du Schéma régional de santé (SRS) 2023-2028, le DSR n'a pu voir le jour qu'après la délivrance des nouvelles autorisations régionales en 2025. Une première réunion plénière constitutive avait posé les jalons en décembre 2025 ; c'est donc un processus de près d'un an qui aboutit aujourd'hui.

Un pilotage tripartite public-privé

Constitué sous forme associative, le dispositif repose sur une gouvernance partagée mêlant CHU, hôpitaux publics, cliniques privées et établissements privés à but non lucratif, ainsi que les professionnels impliqués — chirurgiens, anesthésistes-réanimateurs, urgentistes — et des représentants de différents territoires. Trois personnalités ont été élues à sa tête lors de l'assemblée constitutive : Bertrand Prudommeaux, directeur du Centre hospitalier de Valence, à la présidence ; le Pr Pierre Journeau, chirurgien pédiatre aux Hospices Civils de Lyon (Hôpital Femme Mère Enfant), à la première vice-présidence ; et la Dr Anne Migeon, médecin anesthésiste à la Clinique du Val d'Ouest, à la seconde.

Cartographier pour mieux orienter

Les premiers chantiers du DSR sont concrets : dresser une cartographie exhaustive des 65 sites régionaux, en particulier ceux intervenant en urgence chirurgicale pédiatrique, et bâtir une gradation de l'offre distinguant centres de proximité, centres spécialisés et centres de recours. Ce modèle, déjà expérimenté dans d'autres filières régionales, vise à fluidifier les orientations et à garantir que chaque enfant soit dirigé vers le niveau de compétences adapté à sa situation.

La gradation, noeud de toutes les attentions

Si la création du DSR fait consensus parmi les professionnels de santé, la future gradation de l'offre n'est pas sans susciter des interrogations dans les territoires ruraux et montagneux de la région. En concentrant les actes complexes dans des centres de recours, la réforme pourrait allonger les distances pour certaines familles. L'enjeu du nouveau dispositif sera précisément de cartographier finement les besoins pour éviter que la rationalisation ne pèse sur l'accessibilité. Le DSR n'a toutefois aucun pouvoir de substitution sur les établissements ni sur les décisions de l'ARS : son rôle reste consultatif et coordinateur.

À Lyon, le rôle d'ancrage de l'Hôpital Femme Mère Enfant — dont le chirurgien pédiatre co-dirige la gouvernance du DSR — illustre la place centrale des Hospices Civils dans cette nouvelle architecture régionale, appelée à irriguer l'ensemble des 12 départements d'Auvergne-Rhône-Alpes.

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