Passage Lyonnais
La halle Tony Garnier a été construite au début du 20ème Siècle. Elle est actuellement utilisée pour les grands concerts. C'est la plus grande surface couverte sans pilier du monde.
Myrelingues, CC BY-SA 3.0 · Wikimedia Commons

Sport

JO d'hiver 2030 : à Tony Garnier, ce sera le hockey, pas le patinage

Le CIO a tranché le 16 septembre : hockey à Tony Garnier et à Décines, patinage renvoyé à Eurexpo, dans un projet au budget contesté.

Par Rédaction Passage Lyonnais3 min de lectureGerlandLyonDécines-Charpieu

Sous les verrières métalliques de la Halle Tony Garnier, qui ont vu passer des défilés de mode, des salons du vin et des concerts de hard techno, une patinoire provisoire prendra place pour une quinzaine de jours en février 2030. Mercredi 16 septembre 2026, au terme d'une visite de trois jours de ses infrastructures, la commission de coordination du Comité international olympique a validé la répartition définitive des épreuves de glace des Jeux d'hiver 2030 dans la métropole lyonnaise. Verdict : la halle de Gerland accueillera le hockey sur glace féminin et masculin, et non le patinage artistique, comme cela avait été annoncé cet été.

Le pôle glace lyonnais s'organise désormais autour de trois sites. La Halle Tony Garnier partage le tournoi de hockey avec la LDLC Arena de Décines-Charpieu, tandis qu'Eurexpo, à Chassieu, concentre le patinage artistique, le short track et le curling, ainsi que le centre principal des médias. Le Groupama Stadium, lui, accueillera la cérémonie d'ouverture des Jeux, selon le comité départemental olympique et sportif (CDOS) Rhône-Métropole de Lyon. Environ 80 matchs de hockey doivent être répartis entre Gerland et Décines, les finales féminine et masculine étant réservées à la LDLC Arena, dont la jauge est supérieure.

Cette différence de capacité se mesure en chiffres. En configuration patinoire, la Halle Tony Garnier plafonne entre 8 000 et 10 000 spectateurs, quand la LDLC Arena peut en accueillir entre 10 000 et 11 000 pour du hockey, dont près de 2 000 places VIP, sur une jauge totale qui culmine à 16 000 places en configuration spectacle. Deux salles très différentes, choisies sans qu'aucune patinoire permanente n'ait à être construite.

Pourquoi le patinage a quitté Gerland

Le choix définitif tranche avec ce qui avait été dit jusqu'ici. En juillet 2026, nous écrivions que Lyon entrait officiellement dans la course avec le patinage artistique et le short track prévus à Tony Garnier. Un mois plus tard, en août, l'affaire semblait actée : la halle était présentée comme officiellement transformée en pôle de glace, avec 500 millions d'euros de retombées économiques promises à la métropole. La décision du 16 septembre inverse la donne : c'est désormais le hockey qui prend ses quartiers à Gerland, le patinage et le short track partant pour Eurexpo. En cause, une exigence de l'Union internationale de patinage, qui réclamait une jauge plus large que celle que peut offrir la halle centenaire pour ces disciplines, traditionnellement très suivies pendant les Jeux.

Le choix de s'appuyer sur trois équipements existants plutôt que de construire une patinoire olympique dédiée a aussi une explication budgétaire. Le pôle glace avait été transféré de Nice à Lyon au printemps 2026 ; en renonçant à une infrastructure permanente, l'organisation affirme économiser une centaine de millions d'euros par rapport au projet niçois initial.

Derrière la fierté affichée, un budget sous tension

« C'est une fierté pour Lyon d'accueillir les épreuves de hockey féminin et masculin. Avec la Halle Tony Garnier, site patrimonial et populaire au cœur de Gerland, les athlètes et le public disposeront d'un lieu unique », a réagi le maire de Lyon Grégory Doucet dans le communiqué de la Ville, y voyant aussi un levier pour la pratique sportive féminine, avec la mobilisation annoncée des patinoires Charlemagne et Baraban pour l'entraînement des délégations.

Cet enthousiasme local s'inscrit cependant dans un projet dont les comptes inquiètent au niveau national. Le budget pluriannuel des Jeux Alpes 2030 a été validé à 2,132 milliards d'euros, mais deux rapports confidentiels de l'Inspection générale des finances évaluent le coût réel autour de 2,4 milliards, avec un déficit de 850 à 900 millions d'euros à combler par les finances publiques, dont 362 millions apportés par l'État. En décembre 2025, le département de la Savoie avait suspendu sa participation aux réunions préparatoires, son président Hervé Gaymard refusant par lettre d'être « une variable d'ajustement budgétaire » du projet. Des ONG, dont Attac, dénoncent de leur côté les impacts environnementaux des aménagements en montagne et le coût pour les finances publiques. À Lyon, en revanche, aucune opposition locale ne s'est exprimée publiquement à ce stade sur l'accueil du pôle glace.

Les travaux d'adaptation des trois salles lyonnaises, dont le montant n'a pas été communiqué, doivent désormais être engagés pour une livraison avant les Jeux olympiques, prévus du 1er au 17 février 2030, suivis des Jeux paralympiques du 1er au 10 mars.

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