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La halle Tony Garnier a été construite au début du 20ème Siècle. Elle est actuellement utilisée pour les grands concerts. C'est la plus grande surface couverte sans pilier du monde.

Sport

JO d'hiver 2030 : la Halle Tony Garnier officiellement transformée en pôle de glace, le tourisme lyonnais s'emballe

Par rédaction Passage Lyonnais3 min de lectureGerlandLyonMyrelingues, CC BY-SA 3.0 — Wikimedia Commons

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Sous les verrières centenaires de la Halle Tony Garnier, ancien marché aux bestiaux devenu salle de spectacle, on imagine mal une patinoire prendre ses quartiers. C'est pourtant ce qui doit s'y installer en février 2030 : des gradins provisoires, une glace de compétition, et les meilleurs patineurs artistiques et hockeyeurs du monde sous la charpente métallique dessinée par l'architecte lyonnais au début du XXe siècle. Le Comité d'organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques Alpes 2030 (Cojop) a confirmé fin août trois sites pour accueillir l'intégralité des épreuves de glace : la Halle Tony Garnier à Gerland, la LDLC Arena de Décines-Charpieu et le parc des expositions Eurexpo à Chassieu, complétés par les patinoires Charlemagne et Baraban pour l'entraînement.

Le choix n'avait rien d'acquis. Nice devait initialement héberger ces disciplines, avant que des difficultés locales ne poussent le Cojop à rebattre les cartes. « La métropole de Lyon apparaît comme la solution », avait résumé Edgar Grospiron, président du comité d'organisation, en évoquant un regroupement plus compact et moins coûteux que la configuration niçoise. Grégory Doucet avait défendu sa candidature dès notre article du 2 juillet, arguant qu'« utiliser l'existant, c'est la garantie d'une bonne gestion financière avec des économies importantes ». Les Jeux olympiques se tiendront du 1er au 17 février 2030, les Jeux paralympiques du 1er au 10 mars, avec 1 650 athlètes logés au village olympique et paralympique aménagé au Saulaie, à Oullins-Pierre-Bénite.

Ce que les chiffres du tourisme racontent déjà

Grégory Doucet a chiffré les retombées économiques attendues pour la seule ville de Lyon à 500 millions d'euros, une estimation avancée le 3 juin 2026 dans les colonnes de Tout Lyon, trois semaines avant l'annonce officielle des sites. Le maire n'a pas détaillé cette somme secteur par secteur, mais les précédents événements sportifs lyonnais donnent un ordre de grandeur : lors de la Coupe du monde de rugby 2023, le taux d'occupation des hôtels de la métropole avait atteint 85 %, un niveau comparable à celui des grands salons professionnels comme le Sirha. C'est ce type de mobilisation hôtelière et de flux de visiteurs que la Métropole et l'office de tourisme ONLYLYON anticipent pour février 2030, d'après le message publié par le compte officiel du Grand Lyon, qui évoque des professionnels du tourisme « ravis » de l'organisation des épreuves de glace sur le territoire.

Ce chiffre de 500 millions se heurte cependant à un autre, avancé cette fois par les opposants au projet. Les élus écologistes du conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes, qui rejettent le projet olympique dans son ensemble, pointent un risque de dérive budgétaire pouvant atteindre, selon leurs propres estimations internes, 900 millions d'euros de déséquilibre par rapport au budget d'organisation validé de 2,1 milliards d'euros. Deux chiffres, deux lectures d'un même dossier, qui n'émanent pas des mêmes sources ni des mêmes intérêts.

Un dossier qui divise, y compris sur l'option lyonnaise

Car le repositionnement des épreuves sur la métropole lyonnaise, présenté par le Cojop comme une solution d'économies, n'a pas éteint la contestation. Les mêmes élus écologistes régionaux qualifient le projet olympique de « incompatible avec les limites planétaires, socialement inacceptable et élitiste » et rejettent spécifiquement la proposition portée par Grégory Doucet, dénonçant une gouvernance du comité d'organisation qu'ils jugent « instable, marquée par des démissions en cascade ». Un collectif citoyen a par ailleurs déposé des recours devant les tribunaux administratifs en septembre 2025, dénonçant une absence de concertation des populations concernées et ce qu'il qualifie d'« aberration environnementale ». Aucune mobilisation de riverains n'a en revanche été recensée à ce stade autour des trois sites lyonnais eux-mêmes, la contestation portant pour l'instant sur le projet global et son financement plutôt que sur l'implantation locale des équipements.

Sur le terrain, l'engouement sportif, lui, ne se dément pas. Comme nous le racontions fin juillet, les clubs de patinage et de curling lyonnais, jusque-là confidentiels, voient déjà affluer les demandes d'adhésion à la patinoire Baraban. La présidente de la Métropole, Véronique Sarselli, a salué dans ce contexte « une opportunité rare » pour le territoire. La Halle Tony Garnier, classée monument historique et régulièrement utilisée pour des concerts et des salons, devra fermer temporairement ses portes pour accueillir les installations olympiques.

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