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Canicule à l'école : Lyon teste un « exercice » grandeur nature à Jean-Zay

Par rédaction Passage Lyonnais2 min de lectureLyonPhoto by note thanun on Unsplash

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Après un exercice incendie, voici l'« exercice canicule ». L'école Jean-Zay, dans le 9ᵉ arrondissement, a testé fin juin un dispositif inédit dans le cadre de la démarche municipale « Aventure Fraîcheur », avant la coupure estivale. L'objectif : préparer concrètement élèves, enseignants et familles à affronter les épisodes de fortes chaleurs, de plus en plus fréquents et précoces.

Le choix de cette école n'est pas anodin. Sa directrice, Stéphanie Léautier-Massire, rappelle que l'établissement cumule les handicaps thermiques : « froid l'hiver et très chaud l'été ». Lors de la canicule de mai dernier, plus de 30°C ont été relevés dans les classes, provoquant un « mal-être » chez les enfants comme chez le personnel. Cet épisode n'avait rien d'isolé : selon Météo-France, la France a connu fin mai 2026 l'épisode de chaleur le plus précoce et le plus durable jamais enregistré, avec une nouvelle vague dès le 17 juin qui a perturbé jusqu'aux épreuves du baccalauréat.

Accompagnée par le Cerema et l'Agence locale de l'énergie et du climat (ALEC Lyon), l'école a d'abord fait l'objet d'un diagnostic thermique pour repérer les zones les plus exposées et celles naturellement plus fraîches. Résultat : certaines classes se tiennent désormais à l'extérieur, à l'ombre des arbres, sur des bancs en filet conçus pour l'enseignement en plein air, tandis que d'autres élèves rejoignent la salle climatisée d'une résidence senior voisine. Les enfants ont aussi testé des vêtements légers en tissu éponge imaginés par la designeuse Lucie Sauzet.

Pour Gautier Chapuis, adjoint au Climat, il s'agit de faire de l'école « un lieu d'apprentissage, mais aussi d'adaptation et de résilience » face au changement climatique. La Ville prévoit d'étendre l'expérimentation à d'autres établissements et de diffuser un kit pédagogique.

Ces initiatives locales interviennent alors que l'ampleur du chantier national donne le vertige. D'après un état des lieux relayé par la Banque des territoires, 80% des écoles françaises ne seraient pas équipées pour résister aux vagues de chaleur actuelles, et 55% des écoles maternelles pourraient connaître, dès 2030, des températures supérieures à 35°C plusieurs semaines par an. Le coût global de rénovation du bâti scolaire (60 000 bâtiments) est évalué à près de 40 milliards d'euros. Si l'État et la Caisse des Dépôts mobilisent 3 milliards d'euros via le programme EduRénov pour rénover 10 000 établissements d'ici 2027, cet effort s'inscrit dans un contexte de baisse des dotations aux collectivités, notamment du Fonds vert, ce qui fait craindre à plusieurs observateurs locaux que la charge financière retombe largement sur les communes. Les syndicats enseignants du Rhône ont par ailleurs dénoncé, lors de la canicule de mai, une adaptation encore trop tardive et inégale des établissements scolaires aux nouvelles conditions climatiques.

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