Chemin-Neuf : la pétition pour l'interdire aux voitures frôle les 1 500 signatures
La bataille de la Montée du Chemin-Neuf repart de plus belle
Qui sera le 1 500e signataire ? L'association La Ville à Vélo a lancé le compte à rebours sur ses réseaux sociaux. Sa pétition contre le retour du trafic de transit sur la Montée du Chemin-Neuf, dans le 5e arrondissement, approche ce seuil symbolique et relance un débat qui divise élus, riverains et usagers depuis l'automne 2024.
Cet axe pentu, qui relie le plateau de Saint-Just à la Presqu'île en traversant le coeur du site historique classé au patrimoine mondial de l'Unesco, a été fermé aux voitures de passage en septembre 2024, dans le cadre de l'expérimentation de la Voie Lyonnaise 12. Après neuf mois d'évaluation et trois réunions publiques menées avec les riverains, les commerçants, les écoles et les services de secours, la Métropole de Lyon a maintenu la restriction. L'itinéraire est désormais réservé aux cyclistes, piétons et riverains autorisés.
Le seul lien cyclable sécurisé entre le plateau et le centre
Pour La Ville à Vélo, l'enjeu dépasse le simple aménagement de voirie. "C'est le seul aménagement cyclable reliant le plateau de Saint-Just à la Presqu'île et séparant réellement les cyclistes des automobilistes", rappelle l'association. Selon les projections de la Métropole, jusqu'à 10 000 cyclistes par jour pourraient emprunter ce secteur d'ici 2030. L'association de riverains et de commerçants "Saint-Just Respire" partage cette analyse : depuis la fermeture, le trafic de transit a nettement diminué et la qualité de l'air s'est améliorée dans cette zone étroite où les façades s'élèvent à quelques mètres des passages.
Des voix politiques réclament la réouverture
Mais la pression politique pour rouvrir la voie aux automobiles est réelle. L'ancien candidat UDR-RN Alexandre Dupalais avait fait de cette réouverture une promesse de campagne, dénonçant une "écologie punitive". Des élus municipaux ont également avancé l'argument de la sécurité, en pointant deux accidents récents survenus sur la descente, pour justifier une remise en circulation des voitures qui, selon eux, ralentirait les vélos.
La Ville à Vélo balaie cet argument : l'installation de panneaux de sensibilisation aux risques liés à la pente et le renforcement de la vélo-école métropolitaine constituent selon l'association des réponses bien plus proportionnées que le retour du trafic automobile.
Un acquis contesté à chaque scrutin
"Saint-Just Respire" dénonce, elle, le risque de voir des mois de concertation réduits à néant pour des raisons politiques. La consultation menée avant la pérennisation de l'aménagement avait impliqué l'ensemble des acteurs du quartier ; revenir dessus "sans processus équivalent serait irrespectueux du travail collectif accompli", estime l'association.
La pétition de La Ville à Vélo reste ouverte en ligne. À quelques signatures du cap des 1 500, elle entend peser sur les arbitrages que la Ville et la Métropole devront rendre dans les prochaines semaines sur l'avenir de cet itinéraire.