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Politique

Encadrement des loyers : Sarselli veut tourner la page, Lyon et Villeurbanne résistent

Par rédaction Passage Lyonnais2 min de lectureTouN, CC BY-SA 4.0 — Wikimedia Commons

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La présidente de la Métropole de Lyon, Véronique Sarselli, a confirmé sa volonté de ne pas renouveler l'encadrement des loyers à Lyon et Villeurbanne, déclenchant une vive controverse politique à quelques mois de l'échéance du dispositif.

Un dispositif installé depuis 2021

Mis en place le 1er novembre 2021 dans le cadre d'une expérimentation nationale autorisée par la loi Élan, l'encadrement des loyers plafonne les montants que les propriétaires peuvent exiger, selon la localisation, le type de bien et l'époque de construction. La loi 3DS du 21 février 2022 a prolongé cette expérimentation jusqu'au 25 novembre 2026. Au-delà de cette date, la Métropole devra décider si elle sollicite une nouvelle extension de deux ans, ou laisse le dispositif expirer.

L'argument de Sarselli : relancer la construction

Pour la présidente de la Métropole, l'encadrement des loyers ne s'attaque pas au problème de fond : la pénurie de logements. « Je dois avoir la preuve que l'encadrement des loyers permet de loger plus de personnes. La priorité doit être donnée à la relance de la construction neuve », a-t-elle déclaré, estimant que le dispositif profite surtout aux locataires déjà en place plutôt qu'aux nouveaux arrivants en quête d'un logement.

Une opposition politique et municipale immédiate

La réaction n'a pas tardé. Les maires de Lyon, Grégory Doucet, et de Villeurbanne, Cédric Van Styvendael, ont qualifié cette position de « choix idéologique » et mis en avant le bilan chiffré du dispositif : 818 486 euros de loyers indûment perçus ont été restitués à des locataires dans la Métropole depuis la mise en œuvre de l'encadrement, dont près de 200 000 euros à Villeurbanne seule.

Renaud Payre, vice-président de la Métropole chargé du logement sous la précédente mandature, a interpellé directement la présidente sur les réseaux sociaux : « C'est une erreur de supprimer l'encadrement des loyers alors que les charges vont encore augmenter. Les Lyonnais·es et Villeurbannais·es vont le ressentir immédiatement. Vous voulez la rupture, vous aurez la fracture. »

Des charges en hausse, une décision avant l'automne

Le contexte amplifie les inquiétudes des défenseurs du dispositif : les charges locatives (énergie, syndic, eau) continuent de progresser, rendant d'autant plus sensible toute hausse potentielle des loyers nus. Sans encadrement, rien n'interdirait aux bailleurs de relever leurs prix à la relocation dans un marché lyonnais déjà sous tension.

La décision finale est attendue avant l'automne 2026. D'ici là, le bras de fer entre la Métropole et les deux plus grandes villes de son territoire promet de s'intensifier, chaque camp défendant une lecture radicalement opposée de la crise du logement.

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