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Parc de la Tête d'Or, Lyon, France. La photo est prise depuis une passerelle reliant le Nord à la Grande île (sur laquelle se trouve le vélodrome).

Société

Lyon en chiffres — Espaces verts à Lyon : un Lyonnais sur deux seulement à moins de 5 minutes d'un parc

Par rédaction Passage Lyonnais2 min de lectureLyonBenoît Prieur, CC0 — Wikimedia Commons

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Un chiffre, une carte, et une évidence qui saute aux yeux : tous les Lyonnais n'ont pas la même chance de vivre à deux pas d'un parc. Selon une étude Insee publiée dans l'Insee Première n°2049 (2023), fondée sur des données de population Filosofi 2019 croisées avec les bases géographiques IGN BD TOPO et OpenStreetMap, seuls 49 % des habitants des villes de plus de 200 000 habitants, catégorie dans laquelle Lyon est classée, vivent à moins de 300 mètres (soit environ 5 minutes de marche) d'un espace vert public d'au moins 0,1 hectare. À l'échelle des 72 grands centres urbains étudiés par l'Insee, la moyenne nationale grimpe à 52,4 %. Lyon se situe donc en retrait, loin derrière des villes moyennes comme Dijon, où 71 % de la population profite de cette proximité.

Ce résultat interroge d'autant plus que la Ville de Lyon communique volontiers sur un autre indicateur : 32 m² d'espace vert, public et privé confondu, à moins de 300 mètres de chaque habitant. Un chiffre flatteur, mais qui ne mesure pas la même chose que l'étude Insee : il additionne cours d'immeubles et jardins privés à la surface des parcs publics, sans dire si cet espace est réellement accessible à tous. Rapportée uniquement aux 436 hectares de parcs et jardins publics recensés par la municipalité, la disponibilité tombe à 8,46 m² par habitant, contre 34 m² à Nantes, 42 m² à Saint-Étienne ou 52 m² à Angers, selon une comparaison relayée par Lyon Capitale en 2019.

La Ville de Lyon reconnaît elle-même l'existence de secteurs carencés, présents dans tous les arrondissements mais plus marqués à l'est de la ville et sur la Presqu'île, selon sa propre communication sur le Plan nature. C'est précisément dans ces zones denses, souvent les plus peuplées et parfois classées en quartier prioritaire de la politique de la ville, que le déficit de nature en ville se cumule avec d'autres fragilités sociales, un enjeu au cœur du contrat de ville métropolitain 2024-2030 recensé par l'agence d'urbanisme UrbaLyon.

Ces chiffres, aussi précis soient-ils, ont leurs limites. L'étude Insee ne mesure que les espaces verts publics ouverts et cartographiés, sans intégrer leur qualité, leur fréquentation réelle, l'ombrage disponible en été ou les coupures physiques (voies rapides, voies ferrées) qui allongent en pratique le trajet à pied. Elle ne dit rien non plus de la taille ou de l'attractivité du parc le plus proche : habiter à 300 mètres d'un minuscule square ne vaut pas comme habiter à 300 mètres du parc de la Tête d'Or. La donnée ouverte disponible sur data.grandlyon.com permettrait, en théorie, d'affiner ce diagnostic à l'échelle de chaque quartier lyonnais, mais aucun jeu de données combinant précisément équipements verts et distance de 500 mètres par IRIS n'est aujourd'hui publié en open data par la Métropole, ce qui limite la capacité des citoyens à vérifier eux-mêmes l'équité territoriale promise par les politiques municipales de végétalisation.

Part de la population à moins de 300 m d'un espace vert publicen % 020406080 49 %52,4 %71 %Lyon (villes 200 000+ hab.)Moyenne 72 grands centres urbainsDijon Source : Insee Première n°2049, 2023 (données 2019) Passage Lyonnais

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