Logement : Claire Pouzin prend les rênes de la Foncière solidaire, moteur du bail réel solidaire à Lyon
Devenir propriétaire à Lyon sans acheter le terrain sous ses pieds : c'est le pari du Bail Réel Solidaire (BRS), et c'est désormais Claire Pouzin qui pilotera son déploiement. La maire de Francheville et vice-présidente de la Métropole en charge du logement a été élue présidente de la Foncière solidaire du Grand Lyon, mardi 7 juillet, à l'issue de l'assemblée générale annuelle et du renouvellement du conseil d'administration de la structure.
Créée en 2019 à l'initiative de la Métropole, la Foncière solidaire achète le foncier et le loue aux acquéreurs, qui ne paient donc que le bâti. Résultat : des prix largement inférieurs au marché, avec une redevance foncière plafonnée à 2 euros le mètre carré par la Métropole. Le dispositif, imaginé il y a dix ans au niveau national, affiche un développement rapide sur le territoire : plus de 2 000 logements ont été agréés depuis le lancement, dont environ 1 000 déjà vendus et 1 000 autres qui doivent être commercialisés dans les prochains mois, selon la Métropole. Fin de la période, 1 506 logements étaient recensés dans le pipeline métropolitain, dont 300 en cours de signature chez le notaire. Selon Claire Pouzin, près de 80% de la population métropolitaine serait éligible à ce mode d'accession, ouvert sous conditions de ressources à des ménages jeunes, familles monoparentales ou agents publics.
Maire d'une commune de la première couronne ouest soumise à une forte tension immobilière, l'élue veut profiter des prochains mois pour bâtir la feuille de route 2026-2032 de la Foncière, avec l'ambition de mieux accompagner les primo-accédants et d'ancrer durablement le BRS dans le paysage immobilier lyonnais.
Mais le modèle n'échappe pas aux critiques. Selon la Tribune de Lyon, le groupe Progressistes de la Métropole a dénoncé un montage jugé disproportionné à la Duchère, dans le 9e arrondissement : une opération de 22 logements en BRS y a bénéficié de plus d'un million d'euros de subventions publiques, à parts égales entre la Métropole et la Ville de Lyon, soit environ 47 500 euros par logement. Pour ces élus, un tel niveau d'aide dévalorise l'esprit du dispositif, censé mobiliser d'abord la dissociation foncier-bâti plutôt que l'argent public, et ouvre la voie à des opérations dont l'équilibre financier dépendrait davantage des subventions que du mécanisme lui-même.
La nouvelle présidence devra donc concilier deux impératifs : accélérer la production de logements abordables, dans une métropole où la demande dépasse largement l'offre, et éviter que chaque programme ne devienne un cas particulier coûteux pour les finances publiques. La feuille de route attendue d'ici la fin d'année tranchera une partie de ces arbitrages.
Sources
Métropole de Lyon (espace presse)
Claire Pouzin nommée présidente de la Foncière solidaire du Grand Lyon