Moustique tigre : Vaulx-en-Velin rappelle les gestes qui font la différence
Un bouchon de bouteille rempli d'eau de pluie, une coupelle sous un pot de fleurs oubliée deux semaines : il n'en faut pas plus pour qu'une femelle Aedes albopictus y dépose ses œufs. La ville de Vaulx-en-Velin a publié le 7 juillet un rappel des gestes de prévention contre le moustique tigre, cette espèce invasive présente entre mai et novembre et désormais familière du paysage lyonnais.
Le portrait de l'insecte tient en quelques traits : cinq millimètres, rayures noires et blanches, piqûres silencieuses de jour plutôt qu'au crépuscule. Sa capacité de reproduction explique sa progression fulgurante depuis son arrivée à Menton en 2004. Une femelle pond en moyenne cinq fois au cours de sa vie, soit près de 750 œufs, et il suffit d'une semaine pour qu'une larve devienne adulte. Résultat, le moustique tigre est aujourd'hui implanté dans 81 départements métropolitains, contre un seul il y a vingt ans, selon les projections relayées par les autorités sanitaires.
En Auvergne-Rhône-Alpes, la situation s'est nettement dégradée. L'Agence régionale de santé (ARS) recense 1 328 communes colonisées en 2025, contre 1 192 un an plus tôt, exposant 80 % de la population régionale. Sur le seul volet sanitaire, la région a enregistré 347 cas importés d'arboviroses en 2025 (dengue, chikungunya, Zika), soit une hausse de 25 % par rapport à 2024, et surtout des foyers de transmission locale : six épisodes de chikungunya autochtone et deux de dengue, touchant notamment le Rhône. Face à cette progression, l'ARS a fait passer le nombre d'opérations de démoustication de 72 à 134 entre 2024 et 2025.
Ce doublement des interventions traduit une inquiétude partagée par les collectivités, qui rappellent que la lutte collective reste largement dépendante des gestes individuels. Sans suppression systématique des eaux stagnantes dans les jardins, cours et balcons, les campagnes de démoustication ponctuelle ne suffisent pas à enrayer la prolifération, insistent les autorités sanitaires. À l'intérieur comme à l'extérieur, moustiquaires, vêtements longs et répulsifs cutanés restent recommandés en complément, en particulier pour les nourrissons.
La vigilance sanitaire, elle, repose aussi sur le signalement des cas suspects par les professionnels de santé, condition pour détecter rapidement d'éventuelles chaînes de transmission locale à l'approche des mois les plus chauds. La ville invite les habitants à signaler la présence de moustiques tigres via le portail national de l'Anses, premier maillon d'une surveillance qui s'étend chaque année à de nouveaux territoires.
Sources
Ville de Vaulx-en-Velin
Moustiques tigres : comment s’en protéger ?